‹ Manuel d'art byzantin (volume 2)Chapitre 327 sur 370 · LA BASILIQUE A COUPOLE · texte numérisé non relu

LA BASILIQUE A COUPOLE

égaux, deux sur ta oef, deux sur les bas-côtés. Dans les an(;les ouverU entre les berceaux se logent quatre petites coupoles. [1 ; a là une coordination de deux plans difTérenls, qu'on ne rencontre ^uère qu'à Mistra, et qui est tout k fait originale. Il y a là aussi, en un temps où le plan basilical est à peu près complètement abandonné en Orient, une persistance curieuse des méthodes anciennes.

Fip. .15S, — Arta. ttclise delà Parigoriliïsa .

Bile enl particulièrement digne d'attention à la Métropole : primitivement, en effet, celte église avait été construiie sur un plan purement basilical, avec des bas-côtés voâtés en berceau et une toiture en charpente sur la grande nef.

L» Parigoritissa d'.Arta (fîg. 358) présente une combinaison de plan du même genre. Sa partie centrale rappelle la structure de l'église de NeamoniàChio,oùune haute coupole portée sur huit points d'apput couvre tout l'espace ouvert devant les trois absides. Tout autour, sur trois côtés, régnent des galeries à deux étages qui enchâssent l'édilice et lui donnent l'aspect d'une lourde masse cubique : quatre coupoles en occupent les angles. Ainsi l'église semble dans le bas une basilique voûtée; dans le haut elle porte des coupoles byzantines.

Le type alhonile. — Les é(;lises de l'Alhos pareillement montreiii un retour partiel à des formes anciennes. De bonne heure, on l'a vu. pourdonnerâ la basilique à coupole une structure plus résislanteel plus logique, lea architectes eurent l'idée, d'abord de contpebuterl.i coupole en remplaçant les berceaux latéraux par deus altsîdes lattrales (IIodja-Moustapha-pacha-djami à Constantinople), ensuit^' de faire saillir ces absides latérales, reproduisant ainsi la disposi-

Ki»!. 3J9. — KRiisp du couvent du Grand Miiléore fPhol. L^ Toumeaii .

lion des sanctuaires Iriconques égyptiens. De Constantinople. où ce plan est employé au ix' siècle, il passa au m' siècle dans les plu^ anciennes églises de l'Athos (Ijivra), où il s'adapta au plan en croix grecque (Vatopédi), les absides latérales s'atlachant au\ branches nord et sud de la croix ; et comme cette disposition offrail cet avantage de ménag'er sur les cAtés de l'église un espace commode pour les stalles des moines et plus de place pour les chu-urs. elle fut reproduite désormais dans toutes les églises de la Sainte- Montagne, et de l'Alhos elle se répandit dans toul l'Orient. L'archilcctui'e serbe l'adopta à la lin du xtr' et au xv* siècle, lantiil sous sa forme primitive, c'est-à-dire sans bas-côtés (Krouchevats. Smederevol, tantôt, conformément au type général de l'Alhos, en adaptant les absides latérales sur les côtés du plan en croix grecque. ce qui produit, comme â Vatopédi, des bas-côtés très étroits (Raïanitsa, Lioubostinja, Manassia, Koulchévichta près d'Uskub). L'ar-

chitecture moido-valaque reproduisil volonliers le premier type, nef unique à sancluaire trétié (Saint-Nicolas Domnesc k Jassy, BucoveU, Courtéa d'Ardjech); le plan athonile en croix grecque •^e répandit au contraire en Grèce, où il apparaît exactement copié <lans les églises des Météores (lig. 359), ;i l'église des Saints- Apôtres à Athènes, dans le Péloponnèse à Kalavryta, Chrysapha, llaghia-Triada, Geraki.

Fi)t. 3(>u. — MisLi-a. É((lise de la Punlanassa yColY. Huutcs-ËLudes.C. fifl).

Un autre trait distinctif des églises de l'Athos est la disposition de leurnarthex. C'est tantôtun doliblenarthex.précédéd'un porche et ilanqué de deux chapelles, avec une tribune au-dessus ouvrant sur le berceau ouest; ce type, qui est celui des plus anciennes églises, persiste au xiv"Biècle (Pantocrator, Ksphiguienou)et jusqu'au \vi" (Dionjsiou). Tantôt, au contraire, l'église est précédée d'une l^rande salle rectangulaire, partagée par des colonnes (généralement deux ou quatre) en deux ou trois travées, et d'ordinaire éclairée par deux coupoles : elle n'est point surmontée de tribunes. Celte salle, qui se nomme la liti (à cause des prières qui s'y disent le samedi), apparaît à Chilandari à laTmdu xiii' siècle, à Kiistamonitou au xv', et dans la plupart des églises du xvi" siècle (Stavroni- ' kita, Xénophon, Dochiariou, elc). Klle est souvent plus grande que l'église elle-même.

718 l'architbctcrg du xm* au xvt* siècLB

Porliquei. — D'autres nouveautés encore apparaissent dan» le? églises de cette période. Ce sout les portiques latéraux qu' décorent lea façades de l'édifice. On les rencontre à TrébiEonde. où Sainte-Sophie, sur sa façade occidentale, a, en avant du narthe\. un portique ouvert à trois arcades et deux portiques analogues ^ur les côtés nord et sud(%. 367), où la Chrysokép halos avait de mêoie jadis, h l'ouest, un portique dquatre colonnes, eten conserve un ^ur

t-'ig. 361, — église cl'Archnngeli près d'Uskub (Phol. Le Toumeau>

safaçade septentrionale. On trouve de même en Serbie (Stoudénits.i. 1190} desvestibules carrésattachésaux côtés latéraux du carré central. Leséj,'lisesdeMislra ont pareillement, le long de leur façade septentrionulc, un élé^'ant portique ouvert (Métropole, Paatanas^H (llg. 360). Parfois enfin ce portique entoure l'église sur trois de ses côtés [ Fetijé-djami, Saints-Apôtres àSalonique), etauxSaints-Apotre? ' il se double, surla Façade occidentale, d'uneéléganle galerie ouverte. On remarquera qu'à Constantinople la Kilissé-djami offrait déjà. le ion;; de sa façade méridionale, un portique ouvert semblablement disposé.

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