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CHAPITRE III

Hellénisme et christianisme en Egypte. Naissance d'un art national. — I. Les monuments de Tarchitecture. Les basiliques. La décoration sculptée. — II. La décoration polychrome et la peinture pittoresque. Le système de décoration alexandrin. Le style pittoresque hellénistique. Le goût du portrait. — III. Les influences orientales dans les monuments chrétiens d*Égypte. Les fresques. Les miniatures. La sculpture. L'évolution de l'art chrétien en Egypte. Ce que Byzance doit à TÉgypte. — IV. LesétofTes.

Hellénisme et christianisme en Egypte. — Parmi les ^andes villes du monde antique, peu de cités ont tenu dans Thistoire autant de place qu'Alexandrie d'Egypte. Depuis le jour où Alexandre la fonda jusqu'au jour où les Arabes la prirent, elle connut pendant près de mille ans une éclatante prospérité. Centre d'un commerce florissant, elle entretenait des relations avec tous les rivages de la Méditerranée, aussi bien qu'avec les contrées lointaines de TOrient, Ceylan, l'Inde et la Chine. Ville de luxe, élégante et riche, facile et corrompue, elle était célèbre par le faste insensé de ses fêtes, la magnificence de ses constructions, le nombre et la beauté de ses courtisanes. Capitale savante enfin, lettrée et artiste, elle devait à sa bibliothèque, à son musée d'avoir donné naissance à un puissant mouvement scientifique, à une grande école d'érudition, à une activité littéraire prodigieuse, à une admirable floraison artistique. Au moment même où triomphait le christianisme, le néoplatonisme donnait encore à ses écoles un dernier rayon de gloire ; jusqu'au vi® siècle, malgré la décadence, elle produisit des poètes tels que Nonnos. Par tout cela, Alexandrie a tenu une place éminente dans l'histoire de la civilisation, de la littérature, de l'art, et la forme de culture qu'elle a créée a mérité de prendre le nom d'alexandrinisme.

Capitale de l'hellénisme, elle fut de bonne heure aussi une capitale du christianisme. Dès la fin du ii'' siècle, avec Clément, au in® siècle, avec Origène, elle était une des patries de l'apologétique ; à partir du iv*' siècle, son rôle allait devenir plus considérable encore. Nulle part, si ce n'est en Syrie, on ne rencontre une ardeur plus passionnée pour les disputes théologiques, nulle part plus d'enthou-

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