Ma^^ne, Mistra, p
2. A l'église de Sainte-Sophie (2" *Tioitié xiv« siècle), une représentation de la Nativité de la Vierge montre un joli exemple du style pittoresque Millet, pi. 133, 1).
leur œuvre : le dessin y est gauche parfois , la perspective médiocre, et on y sent peu d'étude du modèle vivant. Mais ce< maîtres ont le goût des belles formes, ils recherchent la grâce et l'élégance, ils ont surtout le sens de la vie, -du pittoresque, de l'expression. Et par-dessus tout leur coloris est admirable. Leur palette est d'une variété surprenante. Nul ne*connaît mieux qu'eux les beaux effets qu'on tire de l'opposition des rouges et des verts ; nul ne s'entend mieux qu'eux à faire chanter les bleus intenses, à varier plus subtilement la gamme des rouges et des bruns. La qualité de leurs gris, de leurs jaunes clairs, de leurs verts pâles est charmante : ils les marient avec un sens rare des valeurs, avec une ingéniosité raffinée, ils les combinent en des harmonies exquises, tantôt d'une richesse assourdie, tantôt d'une plénitude vigoureuse. Décorateurs admirables, ils donnent une idée très haute de la grande école d*art qui, vers ce même temps, exerçait son influence sur tout l'Orient chrétien.
Peintures de Macédoine et de Serbie. — Les églises de Macédoine et de Serbie conservent un grand nombre de peintures murales. généralement datées avec précision, et qui s'échelonnent entre ia fin du xHi® et la fin du x\* siècle. Parmi les plus anciennes, on peut, citer celles qui, à Melnic, décorent les deux petites églises de la Trinité (1287) et de la Pantanassa (1289) < ; les fresques de la première, qui représentent des saints, sont très effacées; mais dan> la seconde on remarque, sur le mur extérieur de Touest, une ima^^e de la Pantanassa trônant, à droite de laquelle deux anges de haute taille, tenant, l'un une couronne, l'autre une épée, s'inclinent vers la Madone dans un geste d'adoration. « La richesse des vêtements, la noblesse des attitudes, l'harmonie subtile des couleurs adoucies par le temps » font une impression saisissante. « Sur cette façade de torchis, que l'art grandiose de Byzance a marquée de son sceau, une beauté resplendit. » Sur la face extérieure du mur sud. d'autres fresques intéressantes représentent la guérison du paralytique, l'apparition du Christ aux Saintes Femmes et la composition que le Guide de la peinture appelle « l'Échelle du salut ».
Dans la même région voisine de Salonique, Téglise d'Haghios Christos, à Verria, a une décoration datée de 1315. L'Annonciation y fijT^ure à l'arc triomphal ; les grandes fêtes de l'Eglise, Résurrection de Lazare, Entrée à Jérusalem, Crucifixion^ Dormition de la