Millet, loc. cit., H
l40 LES MOM'MEVTS DE LA PBINTl'RE. FRESQL'ES ET MOSAIQL'ES
chérubins et de séraphins et les grandes figures de prophètes qu^ l'environnent, a quelque peu soufTert des infiltrations. Aux parms des nefs et des absides, les fresques sont heureusement mieui c<^[isenées, A lu conque de la grande abside, c'est la Madone Irônani. au-dessous de laquelle des anges oriîciant, accompagnés des diHleurs de l'Ëglisc, s'inclinent vers l'autel où l'Agneau est couché. Sui
les o'ilôstlu bèma, deux grands tableaux montrent la Communion des apôtres ; à la voûte du berna est représentée l'Ascension. Dan* l'abside du nord, la Divine liturgie occupe l'hémicycle et la paroi du nord : I']mmanucldormant adoré par les anges eel ligure à la conque de l'absitie de droite. Aux parois de la grande nef et aus voûtes de? trause]ils, se succèdent les représentations des fêtes del'Kglise; dans la nef sud, ce sont les épisodes deTensevelissement du Chris! ; dan^ la niîf nord, enlin, le cycle de la vie de la Vierge est largement développé en vingt el une compositions. Kl bien que ces diverses peinluies soient <ie valeur parfois inégale et dues sans doute à plusîcur:' mains, l'ensemble, reuvre d'une même école, renferme des morce;iii\ d'un mérite singulier.
I/un des plus beaux est assurément la Divine liturgie {Rg. 380. HSl). Au centre de la composition, le Christ, en grand-prélre, est debout sousundais; devant lui défile la procession des an^es portant les objets nécessaires au sacrifice eucharistique. Sur le fond d'un bleu intense,' ils passent d'une allure k'gèreet rapide, largement drapés de tialmatiques blanches dont les plis dessinent leurs hanches pleines, un
ruban blanc traversant leurs cheveux roux, leurs ailes vertes à revers bleus largement éployées, les uns, coîirésde la mitre, tenant en main des cierges ou des encensoirs, les autres soutenant sur leurs mains les espèces. L'effet décoralif de ces élégantes silhouettes esl extrêmement heureux. I.e lonclairdcs robes, leschaudes carnations aux ombres verdùtres forment des taches lumineuses : la souplesse du dessin, la justesse des mouvements, la grâce des formes ne sont pas moins remarquables. Il n'y a, dans celte très belle icuvre, rien de conventionnel ni de solennel ; el pourtant un seiiliment religieux très profond l'emplit tout entière.
74H LBS HONUMBNTS DE LA PBINTrHB. PBESQUES ET MOSAÎQl'BS
Non moins remarquable est le Christ dans une gloire qui Qolli' la voûle du sanctuaire; et si, dans la série des fêtes, toutes les c-ir positions ne sont pas d'égale valeur, il en est parmi elles d'adm râbles. Dans l'épisode des Saintes Femmes au tombeau, l'ange dr.<:
n. Presque de la Pcriblopli"'
.,C. tï).
ik' blanc, assis au bord du sépulcre, a toute la noblesse et la distiiKtioii des figures antiques, et les femmes, vêtues de verl et de rou^'e. mellent dans la composition une note infiniment harmonieuse. Daiilii scène de la Transfiguration, le Christ aux cheveux roux, revMti d'une robe blanche aux rellels orange, qui s'enlève en pleine lumièri.' sur le fond bleu, est d'une grandeur et d'une beauté incomparable- (lig'. 38'2). La Crucifixion qui décore le transept du sud-est, par l^i
PBHIBLEPTOS
vHriété des costumes, ex Ira ordinaire ment piltoresqui I>r>rnnition delà Vierge qui, au transept du nord, est placée au-dessus <le la porte, olîre, avec une composition harmonieuse et noble, une foule de détails curieux empruntés à l'antiquité. Dans la Descente de croix, le groupe des femmes est plein d'une émotion intense et pro-
fonde. Dans l'Anastasis, le Sauveur tout drapé de rouge produit un elTet puissant et fort. Dans l'Ascension, enlin, le mouvement des anges qui soutiennent la gloire est superbe, et les apôtres groupés autour de la Madone ont une remarquable variété de gestes et d'attitudes (lig. 383).
Lesmèmesqualitésd'élégance, de mouvement, de vie, se retrouvenl. ^vec un talent plus personnel et plus délicat encore, dans les scènes de la vie de la Vierge, « La légende de la Madone a lout particulièrement séduit ces artistes sensibles. » lis l'ont Iraitèu avec infiniment de goût etderespeiil.ii Leur jeune Vierge a vraiment la tenue.
l MONUMENTS DE LA l-EINTltRB. FRESQUES
la distinction, l'allure, la finesse et la grâce d une patricienne bvuntinc'. ■ Rien n'est plus vivant et plus familier que les bergers qn.
causent avec Joachim au désert, plus élégant que la gracieusf silhouette de Joachim devant le conseil des prêtres, plus aimable que
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les petites figures dansantes qui, se tenant par la main, animent Tune
< 1 ^s scènes de Tenfance de la V^ierge, plus noble que la composition où
«Joseph reçoit le bâton fleuri (fig. 384). Enfin, dans l'Annonciation
placée, selon Tusage, aux deux piliers qui flanquent Tabside, « l'ange
a l'élégant dessin des teuvres florentines de la première moitié
du XV* siècle, et la Vierge, assise dans une attitude de recueillement,
o?^t d'un sentiment exquis * ». Dans tous ces ouvrages il y a vrai-
iTient la révélation d'une grande école d'art inconnue, et pour la pre-
inière fois peut-être dans l'histoire de la peinture byzantine, il
:>enibie qu'on ait affaire à des artistes véritables, et qui eurent une
personnalité ^.
Pantanassa, — Les fresques de la Pantanassa, peintes vers 1430, ne sont comparables à celles de la Peribleptos ni pour la composition, ni pour le style, ni pour la couleur, qui est souvent trop éclatante, presque criarde. La recherche du pittoresque y multiplie à l'excès, jusqu'à encombrer les fonds, les architectures fantaisistes; la recherche du mouvement et de l'expression y produit, par exemple clans l'Ascension qui occupe la voûte du bèma, un excès d'agitation qui fait contraste avec la simplicité de la Peribleptos ; la recherche du pathétique enfin, si elle a produit quelques figures étonnantes parla vérité de l'expression, en altère un peu aussi la noble et pure beauté. Quelquescompositions cependant attestent de réelles qualités décoratives, et montrent une sûreté et une largeur de touche qui ti*est pas sans beauté. L'Entrée à Jérusalem est intéressante par la variété des costumes, la belle allure de la figure principale, la grâce pittoresque des enfants qui jouent aux pieds du Christ, le riche décor d'architecture qui remplit le fond de la scène. La Résurrection de I^azare est bien composée, le dessin des draperies y est large, le coloris d'une technique assez semblable à celui de la Peribleptos. Dans les petites coupoles enfin et aux murs des tribunes, des ligures de prophètes, d'apôtres, d'évèques et de moines sont traitées largement, dans un beau style monumental, encore qu'elles manquent un peu de sérénité et de calme.
Les peintres de Mistra n'en sont pas moins les plus brillants représentants du style nouveau qui, né dans la capitale, a été apporté de là en Laconie. Assurément il y a des faiblesses dans