‹ Manuel d'art byzantin (volume 2)Chapitre 340 sur 370 · PEINTUBES DE MACEDOINE ET DE SERBIE · texte numérisé non relu

PEINTUBES DE MACEDOINE ET DE SERBIE

nombreusescomposiiions retracent les épisodesde la vie de la Vierge et des scènes de la vie du Christ (fig. 386), tandis que, à la courbe deTabside, se développe le thème de la Communion des Apôtres. A Nagoritcha (1317), on admire, malheureusement assez effacées, des fresques qui, par la science de la composition, la justesse du dessin, la fraîcheur du coloris, sont peut-être « les plus précieuses de Part serbe ^ » : par les vastes architectures qui s'y déroulent en longues frises, par la foule mouvante des personnages, par la grâce aimable des détails, elles rappellent les fresques du nouveau style qui, à Mistra, décorent la Métropole. Les peintures de Gratchanitsa, qui datent du même temps, bien qu'elles soient mieux conservées et plus célèbres, ont peut-être moins de charme. Le modelé y est moins souple, le trait moins net. Pourtant, dans ces compositions, qui groupent selon Tordre du calendrier liturgique les martyres des saints ou qui représentent les multiples épisodes du Jugement dernier, certains morceaux « montrent le faire nerveux de Nagoritcha el de Mistra^ ». On sent que tous ces peintres ont été formés à une même école, et qu'à cette éducation commune ils doivent un même goût réaliste, une même culture antique, une même facture pittoresque.

Dans les fresques du temps de Douchan, à Lioubotin près d'Uskub (1337), à Matéitsa (milieu du xiv^ siècle), au monastère de Marko (1345), il y a plus de lourdeur peut-être, encore que les compositions qui, dans ces deux dernières églises, illustrent Thymne Acathistos(fig. 387) soient d'un assez vif intérêt. Et àLesnovo(1349), comme à Zaoum, dans la décoration déjà citée (L361), des maîtres grecs ont laissé des œuvres tout à fait distinguées.

A la fin du xiv** et au commencement du xv® siècle, les fresques de Ravanitsa (1381), de Lioubostinja (1389-1405), de Manassia (1407), de Kalinitch, de Roudénitsa sont exécutées dans le même style que les peintures de la Peribleptos à Mistra. C'est « le même modelé soigné, obtenu au moyen de minces lignes, de hachures souples et libres » ; ce sont les mêmes figures idéales; c'est aussi le même goût « du pittoresque, du détail piquant, de la composition complexe et animée, de la grâce ^ ».

(]e style a persisté jusqu'après la conquête turque. Il a produit

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