‹ Manuel d'art byzantin (volume 2)Chapitre 341 sur 370 · I. Millet, Artbyz., II · texte numérisé non relu

I. Millet, Artbyz., II

'2. Millet, loc. cit., 952.

:;. Millet, loc. cit., 95 i.

756 LES îiCO»VliE>TS OB LA PEINTIHE. FRBSQCES E

s MtESQUES SERBES 757

alors même des œuvres remarquables, par exemple à Castoria (i486), dans l'église de Saint-Nicolas, el dans le couvent bulgare de Pogaiinvo (IdOO), où l'on constate les mêmes qualités de pittoresque, de

Fijt. 388. — La Crucillxiim. Kresqufs de Sloiidùnilso ;(l'aprL-s Pokrjchkm).

mouvement, de vie, et la même entente du coloris que nous avons précédemment signalées ',

Caractères généraux tien fresquex serlien. — Il n'est point nécessaire de décrire en délail la suîle des compositions qui, dan» ces divers édifices, consliluent la décoration. Mais il importe de mar-

I. Th. Schmill. Die .tfaieieien des biilgarisclien Ktoslers Pog.inovo (BZ..

758 LES MONUMENTS DE LA PEINTURE. FBESQUES ET MOSAÏQirES

quer les traits généraux de cet art serbe, qu'une théorie récente s'est efTorcée de soustraire à Tinfluence de Tart byzantin.

Si un point, au contraire, semble hors de doute, c'est la place considérable que tinrent les maîtres grecs dans la décoration des égli^s serbes. C est selon Tordonnance byzantine que les images sont réparties dans les sanctuaires ; c*est à Ticonographie byzantine, telle qu'elle s'est développée au xiv^ siècle, que sont empruntés la plupart des thèmes représentés ; enfin des inscriptions grecques accompagnent généralement ces fresques, et des signatures d'artistes grecs se lisent à Nagoritcha et à Lesnovo. Sans doute des peintres indigènes ont pu se former à l'école de ces maîtres byzantins : mais, de façon générale, c'est de Constantinople que venaient les artîsto qui peignirent les fresques de Macédoine et de Serbie comme ceux qui peignirent les fresques de Mistra.

Aussi bien observe-t-on, dans cet art serbe, la même évolution que dans Kart byzantin. Les fresques les plus anciennes, celles de la grande église de Stoudénitsaparexemple (fin xii** siècle), rappellent encore les ouvrages du xi® siècle byzantin. Dans la Crucifixion (fig. 388), dans les ligures de saints, « les nus ont un beau ton doré et de légères ombres vertes, un modelé souple et juste; les altitudes et la draperie simples, les traits petits et fins, les nez arqués font penser aux mosaïques de Daphni ^ ». Le même style se remarque dans les parties anciennes de Zitcha (les Quarante-Martyrs, scène< de la vie de sainte Théodosie etde saint Sabas), qui datent du commencement du xni" siècfe. L'école conservatrice a fourni pareillement les modèles qui ont servi à décorer l'église de Gradats (milieu xni® siècle). Mais déjà, en 1164, à Nérès près d'Uskub, l'évolution s'annonce et la technique impressionniste apparaît. Ces procédé.'^ seront constamment employés durant tout le xiv® siècle : au temps de Miloutine et de Douchan, l'art serbe a accepté sans réserve le nouveau style pittoresque que Byzance a créé.

On a signalé chemin faisant tout ce que les fresques de Stoudénitsa, de Nagoritcha, de Gratchanitsa offrent, par la composition, le goût des détails familiers, le sens du mouvement, le coloris, de ressemblances avec les mosaïques de Kahrié et les fresques de Mistra. Les représentations de la légende de la Vierge à Stoudénitsa par exemple (fig. 389, 390) semblent inspirées des mêmes modèles que les compositions de l'église de Chora ou de l'église de la Peri-

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