I. Bayet, Art byz
Celte école aime la simplicité dans les vêtements et dans les attitudes, la discrétion dans les gestes; elle ne se soucie ni d'introduire dans les types une variété individuelle, ni de mettre de rexpression sur les visages ; le coloris enRn est sans éclat, les tons assourdis, le^ chairs pâles. En face de cette école, une autre est représentée par Andronic de Byzance, par Pansélinos, par Théophane de Crète, par Franco Catellano : on y sent un esprit tout nouveau. Le dessin y est plus libre, plus hardi ; les attitudes et les gestes plusaiséset plus souples ; les vêtements plus riches ; les types plus variés, plus individuels, plus expressifs. Un souci constant apparaît du mouvement etde la vie ; le coloris enfin se tient dans des tons vifs et clairs, les chaire sont d'une nuance fraîche et rosée. Faut-il voir, dans ces tendances nouvelles, quelque influence occidentale pénétrant Tart byzantin ? Il est certain que Tun de ces maîtres, Théophane de Crète, peignant dans Téglise de Lavra le Massacre des Innocents, s'est inspiré d*une gravure de Marc-Antoine et que d'autres exemples encore prouvent ces emprunts faits par l'Orient à l'Italie. Dans les prétendus ouvrages de Pansélinos, Kondakof a cru retrouver plus d'un rapport avec In peinture italienne. Il faut se garder pourtant d'exagérer l'importance de ces rapprochements. Les fresques de l'Athos sont, dans l'ensemble, desœuvres purement byzantines, et les traits nouveaux qu'on y remarque ne sont que le développement du style nouveau que créa au xiv* siècle l'époque des Paléologues. C'est à cette Renaissance que nous devons les plus belles œuvres de la Sainte-Montagne, et dans ces longues suites de fresques pâlies, qui couvrent les parois et les voûtes des églises athonites, on retrouve, sous la symétrie grandiose de la disposition, sous l'immobilité un peu hiératique des formes, les traditions d'une grande école de décoration éprise de naturel, de pittoresque et de vie.