Choisy, p
2. Il faut mentionner éj^alement les explorations de Guyer en Cilicîe et en Lycaonie i -lus de m chrisllichen Kleinasien, Vorlaufiger Bericht, Ziirich, 1906 , de Hasluck en Bithynic [Bithynica, dans Hritish School at Alhens. Anniial report, xiii 1 1906-1907 , de Ramsay et miss Bell en Lycaonie ;1907) et les fouilles que le gouvernement allemand poursuit à Milet.
LES BASILIQlTESi
Au sud-est de Konia, à Tendroit nommé Bin-bir-Kilissé (les mille et une églises), et un peu au nord de cet emplacement, à Daouleh ou Deghilé, on trouve les ruines d'une cinquantaine environ d'églises chrétiennes. Les plans les plus divers s'y rencontrent, et ces monuments sans doute ne datent point tous du même temps. Strzygowski les attribue presque uniformément au iv* siècle ou au v®, ce qui leur donnerait évidemment une importance capitale pour Thistoire des origines de Kart byzantin ; d'autres archéologues, comme Ramsay, s'appuyant surtout sur les données fournies par Tépigraphie, font descendre au contraire la construction de beaucoup d'entre eux jusqu'au vni® et même jusqu*auz z*' el XI® siècles ^ Il faut, à mon sens, admettre, — et Ramsay ne le conteste ])oini — pour une partie tout au moins de ces ruines, les dates proposées par Strzygowski ; et, en les rapprochant (Pautres édifices semblables relevés en Lycaonie et en Cappadoce, on peut en faire légitimement état pour Tétude de Kart chrétien primitif en Analolie*.
Les basiliques, — La plupart de ces édifices sont des basiliques, quelques-unes à nef unique, le plus grand nombre à trois nefs, mais
Ki{f. 29. — Binbirkilissé. Eglise n« 1 (d'après Strzygowski, KleiiiMitn).
1. Cf. sur ce point W. Ramsay et miss G. L. Bell, The thousand and one churches. Londres, 1909, p. 14-15,21-25, 309,432.
2. Strzygowdki, Kleinaêien; Holtzmanii, Bin-bir-KilUté, Hamboui-g, 1905 : (t. Lowthian Bell, Notes on a journey through Cilicia and Lycaonia (HA, 1906, let IIj; W. Ramsay, Studies in the hitlory and art of the Eatlern provinees of the roman empire y Londres, 1906; A Christian city in the byzantine âge (The Exposilor, iV), et surtout le livre récent, cité plu» haut, de Hamsay et miss Bell. Cf. Millet, LAtie Mineure nouveau domaine de l'histoire de l'art (RA, 1905, I) ; Diehl^ Les origines asiatiques de Vart byzantin, . Ktudes byzantines, 337), et Rott, Kleinasiatische DenkmHler, Leipzig, 1908.
81 LES onmiNES anatoliennes — formation de l"a:
n'ayant, même dans ce cas, qu'une seule abside, circulaire ou polygonale, Baillant forlement sur le mur oriental (&g. 29). Elles n'ont que rarement des tribunes sur les bas câtés. Ce qui leur donne un caractère particulier, par où elles rappellent tes édifices de la Syrie du Nord, c'est qu'elles sont entièrement bâties en pierres de taille et que leurfaçade présente, au moins à Bin-bir-Kilissé, en avant de la porte de la grande nef, un porche étroit s'ouvrant entre deux pièces closes, dressées comme deux loura aux angles de l'édifice. D'autres particularités, plus si^ifîcalives encore et également étrangères à
Fig. 30. — Daouleh. Basilique n* 31 (Phot. Bell.
l'art (;rec, caraclérisent ces basiliques et les distinguent des monuments syriens. C'est d'abord qu'elles sont voûtées (fig. 30], couverlcs de voûtes en berceau soutenues par des arcs doubleaux ; c'estensuilc que, dans le profil des arcades ou dans le tracé de l'abside, l'arc outrepassé en fer à cheval s'est substitué au simple demi-cercle. .Ajoutez les piliers trapus, oblongs, terminés vers les nefs par des demi-colonnes engagées sans chapiteaux : tout cela donne à ces lidilices une physionomie fort originale et dont les traits essentiels sont nettement orientaux'. Ainsi, dans l'intérieur de l'Asie Mineure.
I. On peut raLtachev i. ce groupe, quoique par quelques trait» elle» en difrèrent, les enlises cappadocicnnes, datant du v- siècle, de Saiat-Coastanlîn à Hski Andavfll, de la Panagia à Gueurémé de l'Argic, de Sainl-André i Tilllplans et vues dan«Rott. KhinatUtische DrnkmàUr, p. 103 gqq., tM sq.. 387 sqq.).
LES BASILIQL'ES 85
un arl s'est conslitué, qui ne doit rien à la culture grecque * ; et il esl intéressant de constater dans ses monuments, ici aussi bien qu'en Syrie ou en Egypte, la renaissance des anciennes traditions orientales qui accompagna le progrès du christianisme el dont l'influence devait se faire sentir, partiellement au moins, non seulement dans les cités hellénistiques de la côte, et jusqu'à Byzance, mais encore en Arménie, en Géorgie, Jusque chez les Russes et les Slaves du Sud, et peut-être Jusqu'en Occident.
A côté de cette basilique orientale, un autre type de basilique ^c
Pig. 31. — Kanytclideis. Abside d'une basilique (Phot. Bell).
rencontre fréquemment en Asie-Mineure. Sur la côte méridionale et occidentale, les édifices de plan basilical sont précédés d'un atrium et couverts en charpente, et ils sont uniformément construits en briques. C'est là la vraie basilique hellénistique, teikqu'elle se répandra à travers tout le monde byzantin, et au delà même, en Italie, en Afrique, en Gaule. On observera toutefois que. dans les provinces asiatiques du sud-est, voisines de la Syrie du Nord, l'influence du pays limitrophe a modifié quelque peu le type hellénistique. Dans les basiliques de Cilicieetd'Isaurie, à Boudroun, à Anazarbe, à Kanytelideis (fig. 31), à Korykos (fig. 32), la pierre