LES CONSTRUCTIONS A PLAN CENTRAI
branches de la croix. Devant chaque niche aeronl placées des colonnes reliées par des arcades, et sur l'octAj^one ainsi obtenu reposera une coupole conique. La construction sera Taile en briques, la pierre de taille manquant dans le pays.
Il y a dans cette description des traits forts intéressants, qui révèlent dans cette architecture le mélange de rOrienl et de l'helléiiisme. La coupole conique rappelle les édifices persans et arméniens ; rcmjiloi des voûter sans cintrage, eApressément indiqué dans
t'ig. 3î. — Korykos, porche d'une basilique (Phot. Bell).
le texte, est un procédé courant de l'architecture orientale ; surtout le document atteste que ce type de hâtiment était tout à fait usuel dans l'art chrétien d'Asie Mineure au iV siècle. Et, en effet, il est question, dans un discours de Grégoire de Nazianze, d'un édifice octogonal du même genre, bSti en pierres de taille avec tribunes et bas côtés et couronné d'une coupole portée sur une colonnade intérieure. Surtout, toute une série de monuments conservés représentent ce type en .Asie Mineure ' ; tels l'octogone de Bin-bir-Kilissé
j Aaehtn : Friedeiithol. De» Kreii:-
88 LES ORIGINES ANATOLIENNES — FORMATION DE l'aRT BYZANTIN
dont le plan rappelle le martyrium de Grégoire de Nysse, l'octogone d'Isaura, plus simple, ceux de Soasa et d'Hiérapolis, où les huit piliers constituant l'octogone central sont entourés d*un bas côté circulaire. Aucun de ces édifices n*a de tribunes; tous sont bâtis en pierre de taille. Au même groupe se rattachent, à cela près qu^ils sont bâtis en moellons et rangs de briques alternés, les deux curieux octogones (fig. 40) qui flanquent Téglise de Déré-Ahsy ou Cassaba en Lycie. L'un, dont la disposition rappelle la rotonde de Saint- Georges à Salonique, présentée Tintérieur, sur ses huit faces, des niches alternativement demi-circulaires ou rectangulaires, couvertes en cul-de-four ou en berceau ; celle de Test, plus profonde, forme une abside à trois pans. L'octogone du sud est peut-être plus renuirquable encore : ses huit pans sont, comme dans Tautre, creusés de niches, couvertes semblablement ; mais, sur ce soubassement se dresse un haut tambour à douze pans, creusé également de niches demi-circulaires; des fenêtres cintrées s'y ouvrent, cantonnées de piliers en brique à l'extérieur.- Une coupole surbaissée couronnait l'édifice qui, selon la remarque fort juste de Texier,. « est peut-être le seul exemple d'une construction de ce genre qui reste des temps byzantins' ».
Assurément, pas plus que la basilique, le plan octogonal n'appartient exclusivement à l'Asie Mineure et il ne semble même pas qu^il y soit né. Dès le commencement du iv® siècle, on le rencontre peut-être à Constantinople, dans l'église des Saints- Apôtres bâtie par Constantin, et sûrement en Syrie, dans la grande église d'Antioche édifiée par le même empereur, et en Palestine, dans l'église élevée aux frais de sainte Hélène sur le Mont des Oliviers. Mais, quelle qu'en soit Torigine, cettedisposition estassurémentétrangère à l'art grecetessentiellement orientale. Comme la basilique, au reste, ce type devait avoir une belle fortune et se répandre promptement dans tout le monde chrétien. C'est de lui que dérivent les églises syriennes d'Ëzra et de Bosra,etle vaste octogone, légèrement ovale, de Wirancheiren Mésopotamie ; c'est de lui que procèdent beaucoup des églises d'Arménie ; enfin, il est d'usage courant au vi^ siècle à Constantinople, où il produit l'église des Saints Serge et Bacchus, et à Ravenne, où il
]. Texicr et PuUan, Archileclure byzantine^ 183. Cf. Rott, loc. cit,. 311-313, qui fait à tort, selon moi, descendre jusqu'au viii* siècle Tensemble des constructions de Déré-Ahsy. Un édifice analogue, de forme circulaire, où se creusent à Tinlérieur cinq niches demi-circulaires, a été retrouvé à Milct, au sud delà basilique.