Millet, Art byz
2. Strzygowski, Crsprung und Sieg der altbyz. /Tiiruf (Byz. Denkrn. Illj.Cf. Die Miniaturen des serbischen Psalters in Mûnchen (DAWW, t. 52). Vienne, 1906, p. 87 suiv., où la thèse presque contraire est soutenue.
3. Cette église, on le verra, est de date postérieure. Mais les textes sig^nalent le plan triconque à Constantinople dès le v siècle (Théophane, a. 6005 (p. 245 1 ot 6064).
CE QUE CONSTANTINOPLB DIT A l'oRIENT 125
Vart byzanlin^ et, en même temps que cette forme architecturale, le procédé des voûtes sans cintrage qui en facilitait la construction, l^un et l'autre empruntés à la Perse et transmis par TAsie Mineure à Byzance. Constantinople adopta tout cela. Pourtant Tesprit grec repoussa, comme étrangers à son génie, certains traits trop orientaux, tels que la basilique voûtée anatolienne, le porche syrien. Tare outrepassé ou brisé, et entre les deux partis imaginés pour porter la coupole, elle eut plus de goût pour le pendentif, plus hellénistique, que pour la trompe d'angle plus orientale.
Dans la décoration, Constantinople dut à TOrient le goût de la polychromie. C'est de là que lui vinrent, importés par les étolTes persanes, un certain nombre de motifs ornementaux ; c'est de là que lui vinrent les procédés du relief méplat, substituant aux effets de forme les elTetsde couleur. Mais ce qui caractérise l'art byzantin, c'est que leyoàide la décoration polychrome s'y développa avec une particulière ampleur, au point de devenir une des règles fondamentales de cet art. On l'appliqua, non seulement à l'intérieur, mais à l'extérieur des édifices^ et cela se conçoit aisément. La construction byzantine employait exclusivement la brique : la nécessité d'un revêtement s'imposait pour dissimuler cette matière un peu indigente. On y parvint soit par des jeux de briques et de moellons, soit par des incrustations de marbre, soit par des applications de faïences recouvrant les membres extérieurs de l'édifice. La richesse des matériaux disponibles, empruntés soit aux dépouilles des monuments antiques, soit aux carrières toutes proches de Proconnèse, fournit aux artistes de la capitale le moyen de réaliser ces revêtements avec un luxe prodigieux. A l'intérieur des édifices, ils y joignirent la mosaïque, étendue comme. un tapis sur le sol, ou appliquée comme un vêtement étincelant sur les murailles et sur les voûtes. Et par la variété de ses combinaisons, ici encore, sur des données venues d'ailleurs, Constantinople sut être créatrice.
Dans la peinture enfin, Constantinople dut à TOrient hellénistique les fantaisies charmantes du style pittoresque ; elle dut surtout à l'Orient le style historique et monumental,, qui fut un des traits essentiels de fart byzantin. C'est du vieil Orient assyrien et perse que lui vint, avec le respect de la personne du prince, le désir de glorifier par l'art et d'éterniser tous ses actes, d'où sortit naturellement un art profane, à tendances nettement historiques et réalistes. Cette peinture d'histoire, qui décora les murs des palais impériaux, influa nécessairement sur la peinture religieuse ; elle lui donna le