‹ Manuel d'art byzantin (volume 2)Chapitre 64 sur 370 · INFLUENCES · texte numérisé non relu

INFLUENCES

goût de la symétrie solennelle, l'amour des attitudes nobles et graves, un penchant pour le luxe et la magnificence. A cela, qui e:st capital, la Perse ajouta certains procédés, tels que l'émail cloisonné, propres à satisfaire celte recherche de splendeur, en même temps

Pjg. bi. — Maison byzantine à SerdjilU (Phol. V«a Berchcm).

que l'Orient de Syrie, par la création de certains types el de certaines compositions, fournissait à la peinture des modèles bien vite imités, et donnait ainsi h Byzance les bases de son iconographie.

Comment Conslanltnople transforma lès apport» orientaux. — Il est aisé, par quelques exemples, de préciser ces apports et la façon dont Conslanlinople les reçut et les transforma.

Maknns et citernes. — Parmi les monumcnU de l'architecture civile, les maisons de la capitale, si mal que nous en connaissions la disposition, présentent pourtant certains traiiscaractéristiques'. Si l'on met ii part quelques grands palais qui représentent la maison patriciejme romaine, lu plupart de ces habitations sont de type oriental el rappellent les demeures encore debout dans les villes mortes

MAISONS ET ctTBHim 127

(le Syrie (fig. 54). Que l'on regarde l'ivoire de Trêves, représentant une procession défilant dans une rue de la capitale, ou les mosaïques de Sa inl-A poil inaire à Ravenne, figurant la façade du palais de Théodoric (fig. 55), on voit que les maisons byzantines ont des façades à portiques, au-dessus desquels deb fenêtres carrées s'ouvrent à l'étage entre des colonnes. Mais, pour ménager l'espace, toujours mesuré dans une grande cité, la cour qui en Syrie précède l'habitation a disparu à Constantinople, et les portiques s'alignent directement le long des rues.

c de Sainl-ApoIlinaire-Neuf|

Pour assurer à la capitale son alimentation d'eau potable, on employa d'abord, comme en Syrie, les réservoirs à ciel ouvert, avec cette seule dilTérence que, sauf une exception, on les construisit en brique au lieu de pierre, et qu'ils furent, en général, de dimensions plus grandes que les réservoirs syriens '. C'estau milieu du iv* siècle, en 369, qu'apparaissent les premiers édifices de cette sorte (citerne de Modestus, auj. Sarradjchané, et citerne d'.Aélius). et on continua à en construire jusqu'au vi' siècle, où l'empereur Anastase fit édifier en pierre de taille, à l'imitation exacte du type syrien, le réservoir de Saint-Mocius (aujourd'hui Tchoukour-bostan à Exi Marmara), te plus vaste de lous, et dont la superficie était de près de 25.000 mètres carrés. Mais bientôt, quand, au commencement du >■• siècle, l'espace libre se resserra dans la grande ville sur|>puplée, lin aménaj^ea des citernes souterraines soutenues par des colonnes,

1 Slnj-gowski et Foi'chhcimer, Die byzunt. WaiserbehAUer ia Conitanli- Kopel (Byi-, Denkmaler. M). Vienne. 1893.

sur le modèle de ce qui se parait avoir été la Cislema 407. Aujourd'hui encore le

i constructions.

I l'or

Taisait à Alexandrie : la plus ancienne maxima sous le Forum, conslniile en ous'sol de Constantinople est plein de

peut suivre de la façon la plus inlëressanté e développement et l'sudai-e croissante de l'architecture byzantine.

Les plus anciennes, celles du V "siècle, n'eurent qu'un seul étage,fà cause du la dilTîcuIlé de creuser le sol rocheux, et ne furent point de dimensions très considérables : la plus grande, la citerne de Pulchérie, bâtie en 421 (auj.

Ëschrefljé Sokaghy), eut une superficie de l.OB'l mèti-es carrés seulement. BItes n'eurent guère qu'une trentaine de colonne!^, pour lesquelles, comme à Alexandrie, on employa volontiers le granit. Les architectes du vi* siècle eurent une hardiesse bien plus grande, .léréba tan- serai (citerne du portique royal) et Bin-bir-Direk (citerne de la basilique d'Illus) eurent des proportions colossales, 10.293 mètres carrés et 3.610 mètres carrés de superficie ; par leurs étages multiples, elles rivalisèrent avec les citernes d'Alexandrie et comptèrent parmi les plus belles créations de l'architecture byzantine.

.\insi, dans l'architecture civile, des modèles empruntés à la Syrie et ri'î^ypte et qu'elle accommodait à ses exigences. Dans un autre ordre d'idées, l'histoire du chapiteau byzantin n'est pas moins caractéristique du rôle joué par la capitale, el de la façon dont elle transforma des éléments étrangers.

Évolalion du chapiteau'. — Le chapiteau composite corinthien, que l'art byzantin emprunta à l'art classique, prit dès le v" siècle, à Constantinople, une forme particulière. A l'acanthe molle on substitua l'acanthe épineuse, aux feuilles grasses el dentelées, que tan-

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