‹ Manuel d'art byzantin (volume 2)Chapitre 79 sur 370 · L*ART DB BATIR CHEZ LES BYZANTINS · texte numérisé non relu

L*ART DB BATIR CHEZ LES BYZANTINS

seur égale et souvent supérieure à celle des briques. Tantôt elle se mêle à la construction en blocage, et des assises régulières dt briques, souvent au nombre de trois, généralement au nombre de cinq, interrompent alors le blocage, formant arases et donnant à la masse une liaison transversale bien assurée. Tantôlelle remplace les boutisses et s'intercale en une, deux ou trois assises, entre les cours de moellons. « Les cours de briques tranchent alors en rouge sombre sur le blanc rougeâtre des mortiers et sur le gris mat de la pierre. Ordinairement, le mortier est lissé en retraite sur le nu du mur : si bien que chaque brique, chaque moellon a son contour redessiné en noir par un trait d'ombre. On ne saurait allier une meilleure entente des effets avec un sens plus juste des vraies convenances de la bonne construction ^ » Dans tous ces types^ le corps du mur est toujours en blocage, les moellons assez gros étant soit jetés pêle-mêle dans la gangue de mortier, soit disposés par assises régulières. Le mortier se compose en général d'un tiers de chaux grasse, un tiers de sable, un tiers de brique pilée, qui en assure la consistance et en fait une sorte de béton. Ainsi, il peut être, sans crainte d'émiettement, employé sous les épaisseurs que lui attribuent les Byzantins.

Le$ points d'appui, — 'A côté du mur, un autre élément apparaît

comme point d'appui dans la construction byzantine. C'est la colonne,

simple accessoire décoratif chez les Romains, et qui joue, à Byzance,

un rôle tout nouveau. Tantôt elle est monolithe et, pour empêcher

l'éclatement, souvent elleestcercléedefrettesmétalliques;tantôtelle

est formée de deux ou trois tronçons, dont les extrémités s'insèrent

dans des assises basses, posées sur lit de carrière et faisant saillie sur

tout le pourtour. Souvent, pour mieux assurer encore la répartition

uniforme des charges, les tambours sont dressés sur des feuilles de

plomb laminé d'un millimètre d'épaisseur. La base de la colonne,

quand elle n'est pas la copie d'une base antique, se présente sous la

forme d'un empalement par gradins; le chapiteau offre les formes

successives qui ont été analysées précédemment (chapiteau théodo-

. sien, imposte, chapiteau-imposte) et qui sont destinées à établir le

passage du plan circulaire du fût au plan carré nécessaire pour

la retombée des arcades ou des voûtes. Parfois les colonnes sont en

briques, qui ont alors, selon le diamètre, la forme ronde, celle d'un

demi-cercle, ou celle d'un segment. Souvent des piliers quadran-

i. Choisy, p. 13.

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^'ulairex en brique» ou en pierres remplacent les colonnes, ce qui jiermet de donner plus de portée aux arcades.

Les ooàtes. — Sur ces points d'appui, le constructeur byzantin pose ses voûtes. Quand ces voûtes sont en pierres de taille ou en moellons, elles sont, selon l'usage antique, construites sur cintres. C'est le parti ordinaire dans les édifices syriens. Mais, en général, les Ityzanlins qui employaient la brique ne crurent point nécessaire d'élever leurs voûtes sur des lintres : ce fut lune des nouveau lés caractéristiques, on lésait, que leur architec(ure emprunta à rOrient. Au lieu de bâlir

jiar assises rayonnantes I

surplombant prog'ressivemeotsur levide, ce qui impose le cintre, ils élevèrent donc leurs voûtes par tranches verticales successives, ayant pour |>oint de départ le mur de tête contre leque) s'ap- ^ ^^

puiele berceau (lie. 73); ^,. ., ^ ... , o . . « . - „ . ^ 1 hig. '3. —CcinsUnlinople. Sainte Soiiliic. IUt-

I adiierence fixant cha- ccau cmslmil par Imnches cl sans cintre cune des tranchesà celle d'aprùsCtioisj;. quiprécède, toutsupport

'luxiliaire esl superflu. Pour empêcher le glissement de ces tranches ^ erticaleSfles Byzantins ingénieusement imaginèrent divers procédés; ils remplacèrent les tranches verticales, soit par des' tranches plus ou moins inclinées, soit par des tranches tronc-coniques, ou bien il.i (ombinèrenl les deux partis. Surtout, ils adoptèrent te plus souvent une solution mixte, très pratique et la plus usitée de toutes. Ils commencèrent la construction de la voûte par lits rayonnants, aussi longlemps qu'elle fut possible sans cintres ; puis, changeant de procédé, ils la terminèrent par tranches '.

Lescoapolei. — Les voûtesainsi construites purent être dediiïérents lypes ; voûtesen berceau, voûtes d'arête résultant (11- la pénétration

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de deux berceaux, voûtes sphériques sur plan circulaire ou coupoles. L'emploi de la brique, on le sait, facilita prodig^ieusement la construction de ce dernier type. « Les Byzantins surent, par uneheureuse I extension d'idées, transporter aux voûtes en brique** le principe des lits coniques. Ils rangèrent les briques par couronnes successives, qui représentent individuellement de minces surfaces coniques. Cette disposition de briques par cônes emboîtés se prêta à merveille H , au genre d'économie que les Byzantins

□ recherchent avant tout, la suppression du cintrage. Les briques d'un lit A sont appliquées sur une couche de mortier qui les fixe au lit précédent; puis, une fois terminé, ce lit A se comporte comme " un ironc de cône tourné la pointe en bas et qui ne peut ni se déformer, ni .';j F. descendre ; il demeure en place et sert

Fîg. 71. — Origine de la coii- à son tour de surface d'appui pour

ChoiM"'* '■■'""'"'' "'""■"' "" deuxième anneau; celui-ci pour

un troisième, et ainsi de suite : un cintre ne serait qu'un embarras * ». A la base, pour en assurer la solidité, la coupole fut enveloppée d'une garniture de maçonnerie formant gaine ; plus tard, l'usage se répandit de monter les coupoles sur des tambours cylindriques ou polygonaux, ayant aux angles, comme contreforts, des colonnes engagées reliées par des arcades -. Pour prévenir les déformations de la coupole et en alléger les poussées, les constructeurs imaginèrent enfin divers partis, partager leurs coupoles en fuseaux par une série de nervures (Sainte- Sophie), ou leur donner par des côtes l'aspect d'une surface sphêrique ondulée (Saint-Serge). Mais surtout, ils s'appliquèrent à les construire en matériaux légers, étroitement enchevêtrés, tuiles courbes, tubes en terre cuite emboîtés les uns dans les autres (baptistère de Ravenne, Saint- Vital). C'est d'après les mêmes principes qu'ils édifièrent les niches sphériques qui ne sont, en somme, que des voûtes sphériques coupées par un plan vertical.

Mais la grosse difTiculté de la construction était d'adapter la coupole à base circulaire à un plan carré ou polygonal ; de bonne heure

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