‹ Manuel d'art byzantin (volume 2)Chapitre 80 sur 370 · Choisy, loc. cil · texte numérisé non relu

Choisy, loc. cil

2. Le tambour apparaît, dès le V siècle, encore bas et trapu. On le trouve au mausolée de Galla Placidia et à Sainte-Sophie de Salonique, au vi« siècle à Saint-Vital et à Rasr-ibn-Wartan.

LES COMBINAISONS D EOl'IL

le problème se posa, de savoir par quels raccords on paiserail du polygone ou du carré au cercle. On a indiqué précédemmenl la double solution qu'i m a Binèrent, au contact de l'Orient, les architectes d'Asie Mineure, et qu'ils transmirent à l'architecture byzantine : la coupole sur trompes d'angle (fig. 74) et la coupole sur ]»endenlifs (fig. 75). 11 n'est point nécessaire d'analyser à nouveau ces formes dont on a montré déjà la progressive évolution. Il suffira de rappeler la préférence que marqua l'art proprement byzantin pour la coupole à pendentifs, en menus matériaux posés sur lit de mortier, <i type essentiellement

pratique, dont le double mérite Fitç. T5. — Coupole »ur pendcnlirs, est de se réaliser, à la fois sans "'venne. Tombeau de dalla Pla-

, cidia). d'après C.hoisy.

épure et sans cmtre * ".

Voûtes en berceaus, voûtes d'arête, voûtes sphériques s'associèrent étroitement dans l'architeclure byzantine, et ces trois types fondamentaux offrent une étroite corrélation. Selon les cas, selon la hauteur disponible surtout, le constructeur en fit usage allernalivement. Sainte-Sophie en offre dans ses collatéraux un remarquable exemple. A l'étage inférieur, où la hauteur devait être ménagée pour n'avoir point à surélever trop l'ensemble de l'édifice, la voûte d'arête, qui a plus de poussée et moins d'élévation, fut employée ; pour l'étage supérieur, au contraire, où l'espace libre était indéfini, rien ne s'opposait à l'emploi de la voûte sphérique, plus haute et avant moins de poussée.

Les combinaisons d'équilibre. — Pourassurerenfin la solidité de tout rédifice. on doubla volontiers la tête de la voûte par des arcs en décharge, exécutés en matériaux plus épais que ceux de la voûte même. Pourgarantirlesconslructions contre l'effet des tremblements de terre, on noya dans l'ipaisseurdes murailles et des voûtes des chainages en bois. Enfin on se préoccupa d'annuler par des contreforts les poussées. Mais tandis qu'en Occident ces contreforts furent extérieurs et servirent à donner aux façades le relief et le mouve-

I, Choisj-, p. BO.

Manael d'Art bt/ttniin. Il

162 l'art UK BATIR CHEZ LES BYZANTINS

ment, les Byzantins, au contraire, employèrent toujours les massifs (le butée à Tintérieur de Tédifice, et ne laissèrent jusqu'à la naissance des voûtes que de grands inui*s droits et nus d'iïne étrange sévérité d'aspect. Saint-Vital de Ravenne presque seul fait exception ; c'est une des rares constructions byzantines où les murs soient, au dehors, flanqués de contreforts.

C'est surtout en eiïet par le savant groupement des voûtes que les architectes byzantins se sont efforcés d'annuler les poussées qu'exercent en tous sens leurs constructions. Ils ont réalisé ce merveilleux équilibre de la façon la plus heureuse. « Leur constante pensée, dit Choisy, est de chercher des associations de voûtes où les oITorts s'entre-détruisent ; et les combinaisons qu'ils pratiquent sont toutes fondées sur le besoin d'opposer une résistance continue à la poussée diffuse de leurs voûtes ^ ». En conséquence, tantôt ils (''paulent par quatre berceaux une voûte à pendentifs, tantôt ils la soutiennent par quatre niches de butée ; souvent ils associent les deux systèmes, et Sainte-Sophie, on l'a vu, offre un admirable exemple de ces combinaisons d'équilibre. C'est là vraiment le trait caractéristique et original de la construction byzantine, d'avoir cherché dans le jeu des poussées un nouveau principe d'équilibre. Dans cet art, tout est combinaison, tout est calcul. « Les poussées des voûtes réclament des masses d'appui d'un type nécessaire, qui découle du système des voûtes comme son corollaire et rend un plan byzantin reconnaissable à première vue. »

LES FORMES DE l/ ÉGLISE BYZANTINE

Ces principes généraux de construction s'appliquent au vi* siècle à quatre types d'édifices.

La basilique et ses diverses parties. — C'est d'abord la basilique hellénistique, précédée d'un atrium entouré de portiques (fig. 76), au centre duquel se trouve la fontaine d'ablutions, la phiale. Un porche ou narthêx^ réservé aux catéchumènes et aux pénitents, s'intercale entre cet atrium et l'église. Le porche est un vestibule ouvert sur le dehors ; le narthex, une galerie fermée éten-

Page 1