L*ART I>K BATIR CHEZ LES BYZANTINS
monuments, l)(irfaitement conservés, attestent l'expansion puissante (le Tart by/.antin au vi^ siècle.
A Parenzo, en Istrie, dans la première moitié du vi*' siècle. Tévêque Euphrasius fit construire, sur les ruines d'un édifice plus ancien, une basilique du type hellénistique. C'est un des plus beaux spécimens et des plus complets de ce genre de constructions. En avant de Tèglise, se trouve un atrium carré, entouré de portiques, (fig. 76) sur lequel s'ouvre, en face de l'entrée de la basilique^ un baptistère de forme octogonale. L'église même est partagée en trois nefs par des rangées de colonnes ; une abside unique fait saillie au fond de la nef principale. La décoration de marbres et de mosaïques, sur laquelle on reviendra tout à Theure, esttout à fait remarquable.
Ravenne. Saint-Vitale — Mais c'est à Ravenne surtout qu'il faut, au vr comme au v*» siècle, aller chercher d'incomparables monuments de Tart byzantin. Dans les édifices qui datentde Tépoque de Théodoric (fin v* et commencement vi« siècle), comme dans ceux qui datent de l'époque de Justinien, se manifestent également ces influences orientales, qui déplus en plus dominaient alors tout Tart chrétien. Si on laisse de côté le baptistère arien, construction à plan central presque identique au baptistère des orthodoxes, trois monuments surtout retiennent l'attention : deux basiliques, Saint-Apollinaire-Ncuf et Saint-Apollinaire in Classe, une église à plan central, Saint-Vital. La première, commencée sous Théodoric, et dont les Byzantins achevèrent la décoration, produit une impression magnifique et puissante ; mais, pas plus que Saint-Apollinaire in Classe, consacrée en 549, elle n'offre dans son architecture de traits caractéristiques. Toutes deux sont des basiliques du type ordinaire, aux murailles extérieures nues et tristes, sobrement décorées (à Saint> Apollinaire in Classe^ d'un double étage d^arcades aveugles (fig. 80). A l'intérieur, elles ont trois nefs, séparées par de belles rangées de colonnes, une abside unique, surélevée à Classe au-dessus de la nef, et où l'on monte par un large escalier ; toutes deux ont une grandeur de lignes puissante et sobre, dont l'elTet est incomparable (fig. 81).
Saint-Vital au contraire, commencé entre 526 et 534, terminé en 547, est tout autrement original. Quoiqu'il ne pro-
1. Qusisl^ Die altchristlichen Bauiverke von Ravenna^ Berlin. 1842; Hûbsch, Die allchristlichen Kirchen, Karisruhe, 1862 ; Ri voira, Le origini délia krchiletiura lombarda, U I, Rome. 1901 ; Ricci, RavenuAy Bergame, 1902; Diehl. Ravenne, Paris, 1903.
cède directement, comme on le répète volontiers, ni de Sainte- Sophie de Constantinople, ni tle Saint-Serçe et Biicchus, auxquels il est un peu antérieur, il appartient toutefois, comme à la même école orientale, dont le trait caractéristique cM la
Fig. 81. — Havennc. SaiDt-Apullinairr-Neur Intérieur Phnl, Alinari ,
pôle hardiment posée sur une base polygonale. Asiiurément le tiacien est moins original, l'exécution plus timide, la Tacture plus arriérée que dans les monuments conleniporain<i delà capitale bvzantine : il y a pourtant déjà une singulii're mai Irise dans le plan de Saint- Vital (fig. 63} el dans la savante habileléde ses combinaisiuis d'équilibre. L'édifice a la forme d'un octogone, surmonté d'une coupole sur tambour; huit fort piliers la soutiennent, reliés l'un ii l'autre par un ingénieux système d'exèdres à deux étages de colonnes, tout pareils à ceux que l'on voit à Saint-Serge et Bacchus et à Sainte- Sophie, .Autour de ce vaisseau central, des bas cotés à deux étages voûtés en arête se développent également en octo);one. l'our diminuer le poids de la coupole, l'architecte l'a construite en longs tubes creux de terre cuite, emboités les uns dans les autres. Pour l'épau-