SAINT-DÉMÉTRIUS DE SALONIQUE
positions, on voit, agenouillées au pied des personnages sacrés, ou debout à côté d'eux, des figures de dimension plus petite, clercs DU laïques, hommes ou femmes, et des inscriptions, placées dans le champ ou au bas de la mosaïque, expriment les remerciements ou les prières de ces dévols restés volontairement anonymes.
On ne connaît point jusqu'ici, dans les mosaïques byzantines qui nous ont été conservées, d'autre exemple d'une semblable disposilion, où chaque panneau semble avoir été exécuté pour le compte et pour le salut d'un donateur particulier. Mais Tœuvre a des qualités d'art tout à fait remarquables. L'harmonie des draperies, la souple élégance des attitudes, le caractère expressif des visages, sont particulièrement dignes d'attention. On notera également la place fiiile dans le décor aux monuments d'architecture, au paysage, bref à tout le détail pittoresque et vrai qui situe les scènes dans un milieu déterminé. Le symbolisme en est complètement absent, le style historique et monumental y triomphe. La technique enlin est extraordinairement supérreure à tout ce que nous connaissons par ailleurs. Assurément, il y a une évidente parenté entre ces ouvrages et les mosaïques de Saint-Apollinaire-Neufet de Parenzo : la Madone trônant entre les anges olîre le même type et le même costume. Mais Tensembie est d'une beauté tout autrement rare.
Les mêmes qualités, plus hautes encore peut-être, apparaissent dans les tableaux de mosaïque qui décorent les piliers de l'entrée (lu sanctuaire. On y yqH saint Serge en somptueux costume, lig. 92), saint Démétrins couvrant de sa protection deux jeunes enfants aux visages expressifs comme des portraits ffig. 93), surtout saint Démétrius debout entre deux personnages, un évoque et un haut fonctionnaire, qu'une inscription désigne comme les fondateur» de la basilique 'fig. 94). Ce dernier panneau montre des qualités d'art tout à fait supérieures et un sens singulièrement aiïiné de l'eftet décoratif. Sur la longue robe blanche de l'évêque, sur la robe verte du préfet du prétoire, des cubes, iri d'argent, là d'or, mettent de longues coulées verticales de'mélal resplendissant. Le> visages sont modelés avec une extraordinaire habileté, au moycMide cubes trè^ fins qui permettent de les regarder de tout près, sans que la beauté en soit altérée; ils respirent d'autre part un sentiment de vie expressive et réaliste, qui en fait d'incomparables portraits. Si vraiment ce qui n'est point certain) des nimbes carrés encadrent la tète des fondateurs, on en pourrait conclure qu'ils étaient vivants au moment où l'artiste les représenta. Kn tout cas il semble
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vraisemblable que les personnages figurés sont le préfet d'illyricum Léontius et l'évéque son contemporain, et la mosaïque peut dater de la fin du V* siècle. Quoi qu'ilen soit, les mosaïques de Sainl-némétrius méritent de prendre place parmi les chefs-d'œuvre de l'art bv/anlin.
Havenne'. — Si l'on mel à part celle iiitt-ressanteet remarquable décoration, c'est en Occident, à Ravenne surtout, qu'on devra chercher les plus belles mosaïques du vi* siècle, celles qui font le mieux
I . Ouln? les inivrapes, déjà cités pi-éccdemment, de Hichtor, Bayet. Claussc. Itjcdin, c{. Kurth. die WanàmoiBiken von Bueenna. Lcipzifç, 1901 ; DiehI. Rsvenne, Paris. 1903: Quitt, Der Mosaikenryclai von Sua-ViUlt (Bj-k. Denkmïler. l. III;. Vienne. 1»03: WuItT. Das ravfnnatitrhe Moxaik vo» S. MieheU in AffricUen (.1 P K. XXV. 1901 .
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roro prendre toute la |iuissance décora tivedecegenrede compositions. Sainl-Apollinaire-Neiif. — [l euflira de mentionner brièvement la mosaïque qui décore la coupole du baptistère des .Ariens, où l'artiste du commencement du vi^ siècle s'est borné à reproduire assez médiocrement la magnifique composition du baptistère des orthodoxes. Sainl-Apollinaire-Neufau contraire est la merveillederépoqueostro' ^'otliique(%. 81). Sur les murailles de la basilique, trois ïones superposées de mosaïques se déroulent au-dessus des arcades. A la bande
inférieure, deux longues processions, l'unede saints, l'autrede saintes, \\g. 9b j sortent des remparts de Ravenne et de Glassis, et se dirigent vers le Christ et la Vierge, assis sur des trônes parmi des anges. Au-dessus, entre les fenêtres, s'alîg'nent surdes fonds d'or des fiffures de saints, de prophètes et d'apotrcs; plus haut, une !>uite de petits tableaux représentent les miracles et la Passion du Christ. On ne saurait assez dire l'impression profonde que produit cette décoration, l'un des ensembles les plus grandioses que nousait laissési'art byzantin. ■ Involontairement, comme on la bien dit, on se prend à songera l'antiquité classique, et à certaines œuvres d'une incomparable perfection, mais où dominait ce même esprit d'ordre et d'harmonie qui se retrouve ici '. ■> Sans doute, il y a des défauts dans ces oeuvres, el