LES PAVEMENTS HISTORIES
Aux mosaïques murales il faut ajouter les pavements historiés, qui couvrent le sol des basiliques de leurs motifs géométriques, de leurs rinceaux, de leurs ornements divers. Ils diffèrent doublement des mosaïques murales ; par la ma.tière, où la pierre et le marbre tiennent la place des cubes d'émail ; par le choix des sujets, pris de préférence parmi les scènes pittoresques ou mythologiques, afin de ne point expo.^er aux souillures des pieds les images sacrées. On a retrouvé un très grand nombre de ces pavements. On se bornera à citer ici les plus caractéristiques.
La grande mosaïque de Kabr-Hiram, près de Tyr, aujourd'hui exposée au Louvre, semble bien dater de la fin du iv*^ siècle, plutôt que de la fin du vi*', où la plaçait Renan. Dans les enroulements d'un rinceau sans fin, figurent, comme en autant de médaillons, des scènes de chasse et de vie champêtre, qui offrent de curieuses ressemblances avec les mosaïques de Sainte-Constance à Rome. Ce sont des animaux divers, des fauves terrassant des biches, puis de petites figures humaines, un berger assis, jouant de la flûte, un paysan, traînant par le licol un âne chargé de paniers, des enfants jouant autour d'un pressoir. Ailleurs, dans des médaillons encore, (les bustes allégoriques représentent les mois, les vents, les saisons, tous les motifs familiers à l'art alexandrin.
Les mêmes compositions pittoresques, allégoriques ou mythologiques, se rencontrent dans les pavements historiés qu'on peut dater avec certitude de la fin du v* ou du commencement du
I. Muntz, Les pavements historiés du IV' au Xll" siècle (H. A., 1876, H et 1K"7. 1), et les ouvragées indiqués plus haut (p. 52).