LES PORTES DE BRONZE
mont (Gargano des portes dont la décoration représente les épisodes de l'histoire des anges ; en 1087, Pantaléon III fit exécuter pour l’église d'Atrani une porte qui reproduisit exactement le décor de celle d’Amalfi. Vers le même temps, un noble de Salerne, Landulf Butromile, faisait fondre à Constantinople, pour la cathédrale de sa ville natale, une porte du même genre, plus grande que celle d'Amalfi, et dont huit compartiments sont décorés de figures et d’ornements damasquinés : le donateur y apparaît, vêtu comme un patricien de Byzance, et portant le titre grec de protosebastos. Enfin, vers la même date (1085), une porte semblable était envoyée de Constantinople à Saint-Marc de Venise.
Mais, de tous ces monuments, le plus remarquable est la porte de la basilique de Saint-Paul hors les murs à Rome, commandée en 1070 par le moine Hildebrand, archidiacre de l’église (c’est le futur Grégoire VIT), et qui fut exécutée aux frais du consul Pantaléon II. Une inscription en cursive grecque nous apprend le nom du fondeur, Stauracios. Quoique l'incendie de 1823 ait fort maltraité cetouvrage, il n'en demeure pas moins, « pour la richesse des sujets et la finesse du travail, un des plus précieux chefs-d'œuvre de l’art byzantin ! ». Chacun des cinquante-quatre compartiments est décoré de figures ou d'ornements damasquinés, croix, inscriptions, images de saints et de prophètes, scènes évangéliques, depuis la Nativité jusqu’à la Descente aux limbes, épisodes de la vie et du martyre des apôtres.
La technique. — Ce qui frappe surtout, dans tous ces ouvrages, c'est la technique très particulière qui y est employée, « plus voisine, comme on l’a remarqué justement, de celle du peintre et de l’émailleur que de celle du sculpteur ou du fondeur? ». Sur la plaque de bronze, les figures sont dessinées par des traits profondément gravés, qui marquent les contours et les plis des vêtements ; dans ces traits, l'artiste insère au marteau des lamelles d'argent, ou bien il coule un émail vert ou rouge. Les visages, les mains, les pieds sont exécutés à part, au moyen d’une plaque d’argent, sur laquelle des lignes très fines, remplies d’un émail noir, soulignent les traits du visage et séparent les doigts. Il y a là, comme le dit M. Bertaux, « une combinaison savante du damasquinage et du nielle ÿ ». Aussi, dans l'inscription de la porte de Monte Sant’Angelo, trouve-t-on à ce