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LE BRONZE

Les Byzantins n’excellaient pas moins dans l'art de travailler le bronze. Constantin Porphyrogénète rapporte que, sur l’une des fontaines dont son aïeul Basile I para l’atrium de la Nouvelle- Église, des figures d'animaux en bronze, coqs, boucs et béliers garmissaient le pourtour du bassin et lançaient de l'eau par des tuyaux. Ainsi, à la fin du 1x° siècle encore, les bronziers savaient fondre des pièces en ronde-bosse, Pourtant eux aussi, comme les sculpteurs, tendaient à préférer le bas-relief. Plusieurs musées (musée chrélien du Vatican, musée de Berlin) possèdent des plaquettes de bronze, ornées d’images de saints, qui décoraient sans doute des coffrets et des reliquaires. Mais les artistes du métal finirent même par abandonner presque entièrement le relief pour le dessin. C’est ce que prouve la série des portes de bronze qu'ils exécutèrent pour des églises.

Les portes de bronze. — La plus ancienne en date, un peu antérieure à notre époque, annonce déjà ces tendances nouvelles. C’est celle de Sainte-Sophie, sur laquelle des inscriptions nomment les empereurs Théophile et Michel, avec la date de 840 (fig. 336). Des rinceaux et des grecques finement modelés encadrent des panneaux plats, où sont dessinés des croix, des monogrammes et divers motifs ornementaux ‘. La même technique, plus caractérisée encore, apparaît dans les ouvrages du x1° siècle. A ce moment les ateliers de fondeurs de Constantinople avaient acquis une réputation universelle ; leur habileté était célèbre jusqu'en Occident, et de toutes parts on s’adressait à eux pour leur commander de monumentales portes de bronze ?.

Une grande famille d'Amalfi, celle des Mauro et des Pantaléon, fut l'intermédiaire de ces commandes, qui ont porté dans plusieurs villes italiennes des monuments remarquables de l’art byzantin. Ces riches et puissants personnages étaient en rapports suivis avec Constantinople ; ils y possédaient une maison, ils y vivaient volontiers, ils y jouissaient de la faveur impériale : quand l’un d’eux,

1. Salzenberg, Altchristliche Baudenkmäler von Constantinopel, pl. 19. 2. Schulz, Denkmäler der Kunst des Mittelalters in Süd-Italien, Dresde, 1860 ; Bertaux, L'art dans l'Italie méridionale, Paris, 1903, p. 403 suiv.

Pantaléon I, eut vers 1065 l’idée de donner des portes de bronze à la cathédrale -de sa ville na tale, il les fit tout naturellement fondre à Byzance.

Elles se composent de vingtquatre plaques, fixées sur deux battants de bois et encadrées de lamelles de bronze; six têtes de lions en relief se détachent sur une des bandes horizontales.

Seize des compartiments étaient décorés de croix appliquées sur le métal : les quatre compartiments du milieu sont ornés de figures travaillées avec un art savant, et qui représentent le Christ, la Vierge, saint Pierre et saint André.

Les portes d’Amalfi excitèrent parmi les contemporains une vive admiration.

Didier, abbé du Mont- Cassin, voulut en avoir de semblables pour l’église de son monastère, et Mauro, fils de Pantaléon, se chargea de, les faire exécuter à ses.

frais à Constantinople. Les portes du Mont-Cassin sont toutefois un ouvrage tout industriel : aucune figuren'y est gravée sur le bronze; des croix semblables à celles d’Amalf, et des inscriptions

Fig. 336. — Constantinople. Sainte-Sophie. ; Porte de bronze (Phot. Sebah et Joaillier), € décorent seules les pan-

neaux. D’autres membresde la grande famille amalfitaine se montrèrent plus généreux. En 1076, Pantaléon II donna à l'église de Monte Sant’ Angelo au

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