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CROIX

Fig. 340. — Croix émaillée (cathédrale de Cosenza), d'après Munoz, L'art byzantin à l'exposition de Grottaferrata.

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Manuel d'Art byzantin. T. II.

parcelle dela vraie croix !. Elles ont généralement la forme d’une croix à double traverseenchâssée dans un riche coffret. La plus remarquable assurément est la staurothèque de Limbourg ?, «un vrai chef-d'œuvre de l’art byzantin, dit Kondakof, pendant la meilleure période de sa seconde renaissance # » (fig. 341). La date est absolument certaine : une inscription en vers iambiques, repoussée sur les bords du couvercle, mentionne le nom du célèbre proèdre Basile, bâtard de Romain Lécapène ; une autre, placée au revers de la croix d’or qui enferme la relique, nomme les empereurs Constantin VII et Romain IT, qui régnèrent associés de 948 à 959. C'est entre ces deux dates qu'il faut placer la fabrication de ce précieux monument, exécuté pour un haut personnage et pour des empereurs, et qu'on peut considérer comme sortant de l’un des meilleurs ateliers de Byzance. Comme la plupart des staurothèques, l’objet a la forme d’une boîte rectangulaire, mesurant 048 sur 0"34. Il est tout revêtu d’or et enrichi d'émaux, sur le couvercle ainsi que dans l’intérieur du coffret, où est encastrée la croix d’or contenant la relique. Sur le revers du coffret une ornementation au repoussé, d'un grand style, figure une croix entre deux volutes. Sur le couvercle, dont les bordures présentent une curieuse combinaison de verroterie cloisonnée et d'émail, on voit dans le cadre huit plaques d'émail représentant des bustes de saints. Le centre est occupé par neuf tableaux d'émail, séparés par des bandes de verroterie rouge et verte ; ils représentent la Déisis et les images des apôtres. A l’intérieur de la boîte, autour de la croix, vingt plaques symétriquement disposées figurent des archanges, des chérubins à ailes ocellées (Puissances) et des séraphins à six ailes (Dominations). « Il n'existe à notre connaissance, dit encore Kondakof, ni dans les miniatures, ni dans toute l’émaillerie byzantine, aucun monument qui soit comparable à la beauté de cette iconostase 4, » Le dessin peut rivaliser avec celui des meilleures miniatures ; le coloris est d’une finesse et d'un éclat extraordinaires. C'est « le spécimen le plus parfait du style byzantin », et rien ne montre mieux que ce chef-

1. Cf. Ebersolt, Sanctuaires de Byzance, Paris, 1921, où on trouvera, p- 122 et suiv. la liste d’un certain nombre de staurothèques aujourd’hui disparues.

2. Aus m Weerth, Das Siegeskreuz des byzant. Kaisers Constantinus VII Porphyrogenetos, Bonn, 1866 ; Didron, Annales Archéologiques, XVII.

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