ROME
produisit vers la fin du xi° siècle une floraison soudaine de chefsd'œuvre eut dans le reste de l'Italie des conséquences et s'il propagea jusqu’à Rome le courant byzantin. Dans la région romaine, quoique du 1x° au x° siècle l'influence grecque tendit plutôt à s'affaiblir, jamais les modèles byzantins n'avaient cessé d’être imités. Dans l’abside de San Bastianello, sur le Palatin, un peintre de la fin du x° siècle plaçait une composition solennelle qui rappelle les mosaïques de Ravenne ; à Saint-Élie de Nepi (x° et xr° siècle), malgré l’origine romaine des peintres qui les ont signées, les fresques présentent des motifs byzantins et une technique toute grecque ; et à Santa Maria Antica, les peintures les plus récentes (ix° et x° siècle) ont toute la noblesse et l'élégance des œuvres de la Renaissance macédonienne. Les mosaïques de l’abbaye basilienne de Grotta-Ferrata, quelle qu'en soit la date précise, sont des œuvres toutes byzanlines, qui ne s'expliquent que par la visite d'artistes grecs. L'illustration de la célèbre bible de Farfa (xr° siècle) s'inspire de même visiblement de la tradilion orientale !. Dans un tel milieu, où Byzance gardait toujours quelque influence, on peut croire que les bénédictins formés par les mosaïstes grecs durent naturellement exercer leur action. Et en effet les mosaïques romaines du xu® siècle qui décorent les absides de Santa Maria Nuova ou de Sainte-Marie du Transtévère (1140), tout en gardant encore un style local, attestent pourtant, par les procédés matériels, le réveil d'une technique longtemps oubliée.
Mais si par là l'école du Mont-Cassin contribua à l'éducation technique des ateliersromains, c'est parun autre chemin que l’art byzantin rentra dans la ville des papes. C'est à partir du commencement du x siècle que la fresque aussi bien que la mosaïque se développent à Rome sous la tutelle de l’art byzantin. Or un fait précis indique d’où vint ce changement d'orientation, qui devait être décisif. En
janvier 1218, pour travailler à l'immense décoration de Saint-Paul hors les murs, le pape Honorius demandait au doge de Venise des mosaïstes, et ces artistes évidemment étaient tout nourris des traditions grecques. Aussi leur œuvre à Saint-Paul revêt des formes toutes byzantines. Il en va de même de la peinture (fresques des Quattro Santi Coronati, 1246), et c’est par le même chemin peut-être que l'influence byzantine pénétra en Toscane vers le même temps. Les Grecs que Vasari plaçait aux origines de la peinture italienne du