LES MINIATURES DE LA RENAISSANCE OTTONIENNE
peut-être et dans tous les cas la plus courante et la plus facile à saisir ! » de l'art oriental sur l’art roman. De l'Orient syrien ou byzantin les artistes du xu* siècle ont reçu des types et des thèmes innombrables : sans doute ils les ont plus d’une fois retouchés et transformés ; mais, derrière la plupart de leurs œuvres on sent l'influence puissante de la pensée et de l'iconographie orientales ?.
L'Allemagne. — En Allemagne enfin, du x° au x siècle, on constate pareillement l'influence de l’art chrétien d'Orient 3. Le mariage d'une princesse grecque, Théophano, avec le fils de l'empereur Otton le Grand (972) — sans qu'on doive au reste en exagérer l'importance — ne fut point pourtant un événement sans signification. Sans parler des précieux objets d'art que la princesse byzantine apporta avec elle au moment de son mariage, et qui servirent peut-être de modèles aux artistes de l'époque, il faut remarquer la place importante que les Grecs eurent dans l’Allemagne de la fin du x° siècle. Les documents attestent la présence assez fréquente de moines orientaux dans les monastères et témoignent de la faveur que l’impératrice accordait à ses compatriotes *. À la cour, plusieurs de ses conseillers les plus écoutés sont des Grecs; dans les constructions du temps, plus d'une fois on s'adresse à des architectes grecs. Il est vraisemblable que Théophano faisait venir volontiers des artistes de Byzance : en tout cas, les monuments de celte période montrent plus d’une fois leur évidente collaboration.
Les minialures de la Renaissance otlonienne. — Elle apparaît dans les miniatures, et plus encore dans les émaux qui décorent l'évangéliaire de Gotha (Codex Aureus), offert par Otton IT et Théo-
: phano au monastère d’'Echternach. Elle est sensible dans le psau-
tier grec de Saint-Géréon de Cologne, que possède aujourd’hui