‹ Manuel d'art byzantinChapitre 141 sur 309 · d;, p. 90, note · texte numérisé non relu

d;, p. 90, note

Manuel d'Art byzantin. T. IL. 46

Sainte-Marie du Capitole à Cologne par exemple, avec son plan tréflé, son déambulatoire, les peintures qui la décorent et le demijour qui y est répandu, ont un aspect tout oriental !.

L'ornementalion romane. — Mais c'est surtout dans l’ornemen- .

tation romane que se révèle l'influence byzantine. On y retrouve sans cesse, en parliculier dans les écoles du Languedoc et de Provence, les motifs décoratifs chers à l'Orient, palmettes, feuilles d’acanthe stylisées s’éenroulant en rinceaux concentriques, entrelacs, animaux affrontés inscrits dans des médaillons. Tous ces motifs sont visiblement empruntés aux étoffes orientales, aux ivoires, plaquettes et coffrets, et plus encore, s’il en faut croire M. Mâle, aux miniatures, bref, à tous ces objets aisément transportables, que les voyages et le commerce apportaient en Occident et qui y faisaient connaitre l’art byzantin ?. La sculpture romane a largement puisé dans ce trésor, agrandissant les proportions, changeant la matière, mais s'en inspirant jusque dans la conception de la figure humaine. Certaines sculptures du déambulatoire de Saint- Sernin de Toulouse (Christ et chérubins) sont des copies d’ivoires ou de reliefs byzantins ; certaines sculptures du cloître de Moissac (1100) ont une origine toute pareille : le tympan du porche s'inspire des modèles qu'olfraient les manuscrits orientaux de l'Apocalypse ; les chapiteaux procèdent d’une semblable origine $, et les apôtres que représentent plusieurs bas-reliefs des piliers ont des physionomies et des attitudes tout orientales. Au tympan du portail de Saint-Etienne de Cahors, le Christ, « dans sa noblesse et sa douceur pensive, procède sans doule d'un de ces beaux ivoires byzantins du x° siècle, où quelque chose de la beauté antique passa ». Sur l’un des piliers du cloître de Saint-Trophime d'Arles, une Madone orante dans un médaillon arrive directement de Byzance. On pourrait citer bien d'autres monuments, et ce curieux chapiteau de Nevers, où est figurée une église à coupole côtelée et renflée, que l’on rencontre souvent sur les ivoires, et ces tympans d'Angoulême, d'un style incisif et nerveux, où des dragons passent à travers des feuillages d’origine orientale, etc. : ils attestent de la façon la plus précise l'influence « la plus certaine

1. Cf. Rahtgens, Die Kirche S. Maria im Kapilol zu Kôln, Dusseldorf, 1913.

2. Humann, Die Beziehungen der Handschriftornamentik zur romanischen Baukunst, Strasbourg, 1907, et surtout Mâle, ouvrage cité.

Page 1