‹ Manuel d'art byzantinChapitre 144 sur 309 · Cf. Millet, Recherches · texte numérisé non relu

Cf. Millet, Recherches

la Bibliothèque nationale de Vienne, et qui semble bien avoir servi

à des offices du rite grec. Elle se manifeste, au moins par le caractère de l'iconographie, dans les miniatures des manuscrits qui,

entre 977 et 993, furent exécutés pour l'archevêque Egbert de

Trèves (Évangéliaire de Trèves, Psautier de Cividale), et surtout

dans d'assez nombreuses pièces d'ivoire (par exemple les deux

plaques du Vatican et du South-Kensington, provenant de l’abbaye

de Lorsch), qui sont des copies évidentes d’originaux byzantins !.

L'activité artistique des écoles de Reichenau et de Trèves, où

furent enluminés quelques-uns des beaux manuscrits de la fin du

x° siècle, les goûts d'art que manifestait un Bernward d’Hildes-

heim, établissant des ateliers dans son palais épiscopal et se fai-

sant lui-même orfèvre et sculpteur, procèdent clairement de la

connaissance que prit alors l'Allemagne de la technique, de l'icono-

graphie et du style palestiniens. El ce ne fut point là une influence

passagère, qui disparut avec Théophano et Otton III. Sous les successeurs de ce prince, en particulier sous Henri II, dont le

musée de Cluny conserve le splendide autel d'or offert à l’église

de Bâle, bien des monuments portent la marque évidente de l’art

chrétien d'Orient. C'est à ce moment que l’école de Ratisbonne, … celle de toutes les écoles allemandes qui fut le plus pénétrée

d'Orient, introduit dans l’art « un flot en quelque sorte débordant

d'éléments byzantins ? ». Le Sacramentaire exécuté pour Henri II,

que conserve la bibliothèque de Munich, témoigne « d'une étude

sérieusement approfondie de l’art byzantin à son apogée 3 » ; sauf l'iconographie, qui reste occidentale, tout y est grec, les types, les

plis des draperies, le coloris, la technique. Et pareillement la sculpture (reliefs du dôme de Bamberg ‘) puise aux mêmes sources

orientales dont s’inspirait l’école du Languedoc. On a vu déjà

comment, dans l'architecture, on observe bien des traces d'imita-

tion byzantine, et ce n'est point sans raison qu'Otton III pouvait

écrire à Gerbert : « S'il se rencontre quelqu'un pour en aider le

développement, on retrouvera chez nous comme une étincelle de

l’habileté des Grecs. » (Apud nos invenietur Graecorum industrie ae

aliqua scintilla.)

1. Graeven, Die Madonna zwischén Zacharias und Johannes (BZY x 1901).

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