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LES MINIATURES DU XII® SIÈCLE

Les miniatures du XIII siècle. — Ces influences byzantines persistèrent bien au delà de la Renaissance ottonienne. Au xn° siècle, l’école de Salzbourg joue le même rôle qu'avait joué l’école de Ratisbonne au xr° siècle, et comme elle, emprunte aux modèles byzantins ses types, ses draperies, ses compositions !. Vers 1200, celle imitation est la règle universelle. Dans le célèbre Horlus deliciarum de l’abbesse Herrade de Landsberg, certains thèmes, comme celui du Jugement dernier, sont traités dans le plus pur style byzantin. Par l'effet des relations croissantes avec l'Orient, par l’établissement, vers la fin du xu° siècle, des Hohenstaufen dans l'Italie du sud, le prestige de Byzance grandit à ce point en Allemagne qu’au x siècle elle envahit tout ?. « Ce qui donne à l’art allemand de cette époque son caractère propre, c’est l'imitation fidèle de l'art byzantin $. » Il domine la peinture monumentale aussi bien que la miniature ; il règne en Westphalie (Soest), en Saxe, en Thuringe ; les psautiers du landgrave Hermann de Thuringe (mort en 1217) sont les chefs-d'œuvre du style nouveau ; l’évangéliaire de Goslar (milieu du xur° siècle) est si pénétré d'influences grecques qu'on a songé à l’attribuer à un peintre byzantin ; et les vitraux de l'église de Sainte-Élisabeth à Marbourg (vers 1190) attestent le même goût général pour tout ce qui rappelle Byzance.

Pourtant, en Allemagne et en France, comme en Italie, l'influence - orientale, si puissante qu'elle fût, ne fut point absolue. Dans les écoles même où son action paraît la plus forte, d’autres traditions, d’autres courants se font jour à côté d'elle ; et surtout, bien qu'ils fissent de nombreux emprunts à l'Orient, rarement les artistes indigènes bornèrent leur rôle à de simples copies. Aussi bien certaines branches de l’art seulement ont-elles véritablement reçu de façon durable l'empreinte étrangère; en général, les artistes d'Occident, formés à l’école des Grecs, se sont assez vite émancipés partiellement de la tutelle de leurs maîtres. « L'art d'Orient, comme on l’a dit, a plutôt contribué à éveiller chez eux la conscience de

1. Swarzenski, Die Salzhurger Malerei von den erslen Anfängen bis zur Blütezeit des romanischen Stils, Leipzig, 1908-1913.

2. Haseloff, Eine thüringische-sächsische Malerschule des XIII Jahrhunderts, Strasbourg, 1897 ; Dobbert, Das Evangeliar im Rathaus zu Goslar (JPK., t. XIX, 1898) ; Goldschmidt, Das Evangeliar im Rathaus von Goslar, Berlin, 1910 ; Haseloff, Die Glasgemälde der Elisabetkirche in Marburg, Berlin, 1907.

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