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LES PORTES DE BRONZE ITALIENNES

modèles perdus servirent à Bonannus de Pise et au fondeur de Bénévent : mais en tout cas « l'impression d'ensemble est celle d'un art plus grossier et plus vivant, plus populaire, en un mot, que l’art byzantin ! ».

On a montré précédemment comment, dans les mosaïques de Sicile, dans celles qui décorent les nefs de la Chapelle Palatine comme dans celles qui couvrent les immenses surfaces du dôme de Monreale, on reconnait de même, malgré le caractère souvent tout oriental de l’iconographie, l’œuvre d'artistes indigènes, disciples des Grecs, mais infiniment moins habiles. Dans ces ouvrages inégaux, où apparaît la tendance à s'affranchir des leçons byzantines, se marque une évolution à laquelle le temps manquera pour produire tous ses fruits. Mais l'effort, qu'on retrouve tout semblable dans quelques-unes des mosaïques vénitiennes, n'en demeure pas moins singulièrement intéressant.

Persistance des influences byzanlines. — Sans vouloir exagérer l'influence de Byzance sur l'Occident, on ne saurait nier pourtant que, du x° au x siècle, elle fut, une fois encore, en Italie, en France, en Allemagne, la grande initiatrice, et que, cette fois encore, la « question byzantine » se résout nettement en faveur de l'Orient. Sans doute, selon les régions diverses, la portée de l’action exercée par les maîtres étrangers et la durée de leur influence ont été différentes ; sans doute d’autres traditions plus anciennes ont combattu parfois la révélation qu’ils apportaient. Il n’en demeure pas moins que l'Italie dut à l'Orient chrétien l’art savant qui a produit la magnifique floraison de la fin du xi° et du xu° siècle, que l'architecture romane doit à cet Orient plus qu’on ne pense, que l’art décoratif de l'Occident s’est longtemps inspiré de ses leçons. Plus d’une fois, après de brillantes renaissances où les arts indigènes semblaient s'être émancipés, le puissant courant byzantin, reprenant sa marche, s’est de nouveau victorieusement répandu sur l'Occident. On le voit dans l'Allemagne du xm° siècle, dans l'Italie méridionale du xiv°?. A l'époque angevine, alors que depuis cinquante ans, à Naples, l’art officiel est aux mains des maîtres toscans, à Castellamare on peint encore des saints à la manière grecque, et dans tout le sud, dans l'église de San Stefano à Soleto (1347), dans la crypte de Vaste (1376), dans l'église de Santa Maria di Cerrate près de Lecce

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