Richter, loc. cit. ; cf. Aïnalof, loc. cit., 124 et suiv
n'a rien révélé . La comparaison des œuvres italiennes et byzantines qui traitent le même thème montre en général deux mondes distincts, deux races différentes, deux manières opposées d'interpréter une tradition commune. Les mosaïques de Kahrié-djami ou les fresques de Mistra n’ont point besoin, pour s'expliquer, qu'on leur trouve en Occident des modèles. Il faut chercher ailleurs les causes de la dernière évolution de l’art byzantin.
L'hypothèse syrienne. — On a proposé récemment une autre conjecture ?.
En étudiant les monuments byzantins du xiv° siècle, on a été frappé des ressemblances qu’olfrent entre eux certains cycles de compositions, par exemple les représentations de la vie de la Vierge qu'on rencontre dans les mosaïques de Kahrié-djami, dans les peintures murales de Stoudenitsa et de Vatopédi; et de l’analogie remarquable que présentent ces trois ensembles, exécutés tous trois presque à la même date, on a conclu qu'ils reproduisaient vraisemblablement un modèle commun, et plus ancien. On a vu précédemment qu'en effet, dès le xi° siècle, à Kief, à Daphni, et dans plusieurs manuscrits illustrés, le cycle des représentations de la légende de la Vierge apparaît pleinement constitué ; mais on a prétendu lui attribuer une origine plus reculée encore. Le plus récent éditeur des mosaïques de Kahrié-djami suppose qu’elles ne sont autre chose que des copies de fresques du 1x° siècle, exécutées dans
le monastère au temps de l'abbé Michel le Syncelle ; et comme ce.
personnage était syrien d'origine, on incline à attribuer à la Syrie la création du prototype lointain d’où procèdent ces compositions. Semblablement, dans son étude sur le psautier serbe de Munich, qui date du xv° siècle, Strzygowski a tenté d'établir que ce manuscrit n’est qu'une copie d’un original syrien du vi ou vu® siècle, et, généralisant la thèse, il a posé en fait que plusieurs des grands cycles de fresques et de mosaïques que produisit le xiv° siècle
doivent être rattachés avec certitude « à la sphère de l’art syrien primitif 8 ».