‹ Manuel d'art byzantinChapitre 158 sur 309 · L'HYPOTHÈSE OCCIDENTALE · texte numérisé non relu

L'HYPOTHÈSE OCCIDENTALE

d’arrangements des architectures, d'ordonnances des compositions, de thèmes iconographiques. Dans ce trésor, un Cimabué, un Duccio ont puisé à pleines mains !, et chez Giotto même, bien des traits ; rappellent les thèmes byzantins. Et s’il en est ainsi, si Byzance a exercé sur la peinture italienne cette action loute-puissante, est-il croyable qu'elle ait dû beaucoup à l’Italie pour l'élaboration de l’art si original, si personnel et si vivant qui marquait, à ce moment même, les débuts de sa dernière renaissance ?

Assurément on peut admettre que tel geste tendre, telle attitude émue qui se rencontrent chez les peintres byzantins du xiv° siècle peuvent venir de quelque modèle italien, et particulièrement siennois ?. Aïnalof a montré, par quelques exemples assez probants,

comment, dans la peinture byzantine du xiv° siècle, des influences occidentales, romanes ou gothiques, pisanes, siennoises ou vénitiennes se greffent sur la vieille tradition orientale et lui donnent un caractère plus dramatique et plus vivant *. Mais outre que ces motifs sont relativement peu nombreux — moins nombreux assurément que ne le pense Aïnalof — on observera qu'ils ont été d’ordinaire transformés par les maîtres byzantins, de façon à garder à … Jeurs compositions une apparence purement grecque #. Assurément il n'est point impossible que des artistes crétois soient venus travailler dans les ateliers véniliens, encore qu'on ait, semble-t-il, - tiré de ce fait des conséquences un peu exagérées. Assurément, il est incontestable que, par la Dalmatie, des influences italiennes ont pénétré en Serbie et agi sur l'architecture de certaines églises serbes. Et il est certain enfin que, plus tard, au xv°, au xvi° siècle, - l'influence de l’art occidental s'est fait plus d’une fois sentir dans - la peinture grecque : on a pu, dans les fresques de l’Athos comme dans celles de Novgorod, noter bien des emprunts faits à l'Italie 5. Mais, ceci dit, on peut poser en fait que la renaissance byzantine du commencement du xiv° siècle, parallèle au mouvement de l'art toscan, lui doit assez peu de chose. Cavallini, Duccio, Giotto n’ont presque rien appris aux Byzantins’; aux peintres de Mistra Sienne

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