‹ Manuel d'art byzantinChapitre 170 sur 309 · Perdrizet, Melnic et Rossno (BCH · texte numérisé non relu

Perdrizet, Melnic et Rossno (BCH

Clément (1296) et de Sainte-So-phie (1317) à Ochrida! ; celle d'Haghios Christos à Verria (1315), celle de Saint-Pierre dans une des îles du lac de Prespa (commencement x1v° siècle), d'autres encore. La

Fig. 366. — Eglise de Detehant (d'après Millet)

plupart cépendant des constructions de cette région sont l’œuvre des grands tsars serbes qui, vers la fin du xim° siècle et dans la pre-

1. Kondakof, Macédoine, Protitch, L'architecture religieuse bulgare, Sofia,

mière moitié du xiv° étendirent leur domination sur toute cette partie du territoire byzantin. Miloutine (1282-1321) bâtit Grat-

[as ne.

Fig. 367. — Nagoritchino. Eglise. Façade occidentale (d'après Millet).

chanitsa près de Skoplje (achevée en 1321) (fig. 372), Nagoritchino près de Koumanovo (1312-1318) (fig. 367), le monastère * de Tchoutcher (1309-1316), celui de Treskavets près de Prilep, et

dans la Serbie propre, l'église du Kral à Stoudenitsa (1314) el Saint-Etienne de Banjska (1312-1316) près de Mitrovitsa !,

Fig. 368. — Lesnovo. Église (d’après Millet).

Ourosch III commence, entre Ipek et Prizren, la belle église de

1. Pokrychkin, Architecture des églises orthodoxes dans le royaume actuel de Serbie (russe), Pétersbourg, 1906 ; Bals, Une visite à quelques églises de

Serbie, Bucarest, 1911, et surtout Millet, L'ancien art serbe. Les églises,

Paris, 1919.

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Detchani (1327) (fig. 366) qu'Étienne Douchan achèvera (1348). . Ce dernier prince enfin (1331-1355), édifie à Prizren l'église de Saint-Michel, détruite en 1615, et qui, au témoignage d’un chroniqueur, « surpassait par la beauté et par l'art l’église de Detchani. » Il bâtit Matejitch près de Koumanovo, il achève la Trinité de Skoplje (aujourd'hui détruite).

Autour de lui, à son exemple, les grands seigneurs serbes mul- tiplient les fondations pieuses. Stip s'élève en 1332, Ljouboten en 1337; en 1341, legrand voïvode et despote Jean Oliver bâtit l’église de Lesnovo (fig. 368); dans une île du lac de Prespa, le César Jean Novak fait construire une église dela Vierge(1345 et 1369); à Ochrida, le grand joupan André Grapa fait décorer l’église de Saint-Clé- Fig. 369, — Église de Ravanitsa ment (1348). L'activité Nes Fes ne s'arrête pas après la mort de Douchan. Au sud de Skoplje, le Kral Voukasin (1366-1371) commence le monastère de Marko, que son fils achèvera. Ce dernier bâtit à Prilep l’église de Saint-Démétrius et celle du Saint Archange. D’autres grands seigneurs élèvent, sur les lacs de Prespa et d'Ochrida, l'église de Zaoum (1361), fondation du César Gourgouras, et celle de Mali Grad (1369) ; à Emporia, près de Korytsa, un autre fait bâtir l’église de l’Assomption (1391).

Dans tous ces édifices de la Serbie byzantine, apparaît toute puissante, dans les plans comme dans le décor monumental, l'influence de Constantinople. Et cela se conçoit sans peine. Les

tsars serbes du xiv® siècle, non seulement par les conquêtes qu'ils firent en territoire grec, mais de bien d'autres façons encore, se trouvaient en contact perpétuel et en rapports étroits avec le monde byzantin. Miloutine était le gendre d’Andronic II Paléologue ; un autre prince serbe de la fin du xiv° siècle était le beau-frère de Jean V Paléologue et du despote Théodore I de Morée. Les souverains serbes fondaient des couvents et des hôpitaux à Constantinople, à Salonique, en Thessalie, où ils bâtissaient à la fin du xive siècle les premiers monastères des Météores, et jusqu'à Jérusalem. Ils entretenaient d’autre part des relations fréquentes avec l'Athos. Sans parler d'Étienne Nemanya qui, à la fin du xn° siècle, fondait à la Sainte-Montagne le morastère de Chilandari et se retirait, après son abdication, à Vatopédi, le tsar Miloutine, à la fin du xm° siècle, restaura avec sollicitude le couvent serbe (1293). Douchan en 1349 rebâtit Saint-Pantéléimon ; un de ses successeurs du x1v° siècle restaura Simopétra (1364) ; un autre dota Saint-Paul, dont Georges Brankovitch en 1447 reconstruisit le catholikon !. Il. n'est donc point surprenant que les architectes de Miloutine et de Douchan aient regardé vers les grands centres d'art qu'étaient Constantinople et Salonique pour y chercher des modèles, que les tsars serbes aient plus d'une fois appelé de la capitale byzantine les peintres qui décoreraient leurs églises. L'architecture serbe a dû aussi plus d’une inspiration à l’art de la Sainte-Montagne. Non qu'il faille croire, avec Strzygowski ? que l'art serbe procède exclusivement de l’art athonite. Dans l’art byzantin du xiv° siècle et du xv° siècle, l’Athos ne représente point quelque chose de distinct et de particulier : il nous présente un des aspects de cet art, comme l’art serbe nous en montre un autre ; et si tous deux offrent tant de ressemblances, c'est uniquement que tous deux dérivent d’une même source, Byzance.

Serbie. — Aussi bien le rayonnement byzantin parvient-il jusque dans la Serbie propre *. Assurément les constructions qui appartiennent à ce qu'on a appelé l'école de Rascie, les édifices que bâtirent les premiers Nemanyides à Stoudenitsa (1190) (fig. 365),

1. Cf. Strzygowski, Die Miniaturen des serbischen Psalters, 114 et suiv.

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