Cf. Millet, loc. cil., 180 et suiv
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« comme une sorte d'ornement étranger à l’économie de l'édifice », qui ne s’y rattache que par des liens factices et forme presque comme un monument à part. La même tendance se manifeste dans
Fig. 382. — Arta. Église de la Parigoritissa. Intérieur.
les églises plus purement byzantines de Salonique, où la saillie hardie des nefs à un élan inattendu : elle se manifeste surtout avec une témérilé presque inconcevable, dans l'église de la Parigoritissa d’Arta (fig. 382), où quatre étages de colonnes superposés se disposent aux angles du carré central, avançant en encorbel-
LES INFLUENCES ÉTRANGÈRES ri vi
- lement l'un sur l’autre, et soutenus par de puissants fûts couchés
à travers les murs. Ces colonnes « se rapprochent à mesure qu'elles s'élèvent et finissent par former comme un gigantesque pilier découpé et suspendu dans le vide ! ». La coupole qu'elles portent est ainsi de diamètre assez restreint, bien inférieur aux proportions du carré central qu'elle recouvre, et elle se projette, très haut dans les airs, avec une audace presque inquiétante.
Les influences étrangères. — On peut se demander si certaines influences étrangères, s’exerçant sur l'architecture byzantine du x au xv°siècle, n'expliquent point pour une part ces tendances nouvelles. On verra tout à l'heure que dans la décoration de certaines églises serbes (Stoudenitsa, Detchani) il y a incontestablement des éléments italiens, venus par l'intermédiaire de la Dalmatie, dans d’autres (école de la Morava), une richesse tout orientale qui atteste l'influence de l'Islam, qu'à Sainte-Sophie de Trébizonde les sculptures du porche méridional rappellent le type des œuvres françaises du xrm° siècle. Ces mêmes influences se ressentent dans l’architecture. Sans parler des châteaux francs, dont les ruines se rencontrent dans toute la Grèce, à Argos et à Corinthe, à Mistra et à Karytène, à Chlemoutzi, à Clarentza, etc., d’autres monuments gardent les traces des apports occidentaux qui accompagnèrent nécessairement la domination de princes latins à Athènes et en Morée. Le porche extérieur de Daphni, l’église de Chalcis en Eubée, la chapelle à demi ruinée de l'Hypapanti à Athènes, l'abside de Sainte-Sophie d'Andravida rappellent les monuments de l’art français ou lombard ?. A Mistra, l’église de la Peribleptos (fig. 383) « a extérieu-
rement l'allure des monuments religieux construits au xn° siècle
dans nos provinces du centre ; on y retrouve la disposition simple des absidioles appuyées sur des pignons et demi-pignons, qui caractérise les églises de la Haute-Loire et du Puy-de-Dôme * ». Aussi bien, sur une des pierres de l’abside principale, on voit une fleur de lys sculptée entre deux rosaces, et la corniche de pierre qui court entre deux rangs de briques est d’un profil tout français. Pareillement, à côté de l'église, la façade de la grande salle qui servait de réfectoire, par la forme et la disposition de ses ouvertures, procède de l'architecture française du xm° siècle. El enfin le