COUPOLES
Sophie, sur sa façade occidentale, a, en avant du narthex, un portique ouvert à trois arcades et deux portiques analogues sur les côtés nord et sud (fig. 387), où la Chrysoképhalos avait de même jadis, à l’ouest, un portique à quatre colonnes, et en conserve un sur sa façade septentrionale. On trouve de même en Serbie (Stoudenitsa, église de Nemanya, 1190) des vestibules carrés attachés aux côtés latéraux du carré central. Les églises de Mistra ont pareillement, le long de leur façade septentrionale, un élégant portique ouvert (Métropole, Pantanassa) (fig. 380). Parfois enfin ce portique entoure l’église sur trois de ses côtés (Felijé-djami à Constantinople, Parigoritissa à Arta, Yacoub-pacha, Isakié-djami, Saints-Apôtres à Salonique), et aux Saints-Apôtres il se double, sur la façade occidentale, d’une élégante galerie ouverte. On remarquera qu'à Constantinople la Kilissé-djami offrait déjà, le long de sa façade méridionale, un portique ouvert semblablement disposé et qu'il y a là un parti qui vient évidemment de la capitale.
Coupoles !. — Pourtant le trait caractéristique de cette architecture demeure toujours la coupole. Elle est, dans tous les édifices de ce temps, montée sur un haut tambour, parfois cylindrique, plus généralement polygonal, que décorent à l'extérieur des colonnes engagées, reliées deux à deux par des arcatures. Ce parti, dont l’église des Saints-Théodores à Mistra offre un exemple particulièrement heureux, consolide à la fois la construction et exprime bien, par ses lignes verticales, la tendance à l'élévation que recherchent les artistes de l’époque. Souvent aussi la coupole est à nervures, ce qui la rend moins lourde et plus élégante.
A l'intérieur, la coupole est portée parfois sur des trompes d'angle (Saints-Théodores à Mistra), plus ordinairement sur des pendentifs. Mais, de plus en plus, il est visible que les constructeurs se préoccupent moins qu'autrefois d'établir une liaison intime
entre la coupole et l'église. Dans leur désir de donner à leurs édi-
fices des proportions plus élancées, ils exagèrent souvent l'élévation des tambours, et, pour gagner en hauteur, naturellement ils sont amenés à restreindre les dimensions de la surface que recouvre la coupole (fig. 381, 369, 370). Dans les églises de Trébizonde, à Sainte-Sophie comme à la Chrysoképhalos, et plus encore dans les églises serbes de Macédoine, la coupole apparaît donc de plus en plus