MÉTROPOLE
trouve également un intéressant portrait du despote Théodore 1 Paléologue. Mais trois ensembles surtout méritent de retenir l'attention : la Métropole (commencement xiv° siècle), la Peribleptos (seconde moitié du xiv° siècle), la Pantanassa (commencement xv° siècle) ont gardé, suffisamment intactes, des décorations murales très riches et souvent très remarquables, où se manifeste l’œuvre des différentes écoles d'art de ce temps.
Métropole. — Deux groupes de peintres bien distincts ont travaillé à la Métropole. Les uns ont peint dans la grande nef les prophètes debout entre les fenêtres et les épisodes de la vie du Christ disposés au-dessous ; ils ont, dans le bas-côté du nord, représenté sur trois rangs des images de saints, guerriers ou martyrs, et à la voûte des compositions qui racontent la passion de saint Démétrius et quelques-uns des miracles du Christ ; à la voûte du bascôté du sud enfin, ils ont, en cinq tableaux, retracé des scènes empruntées à la vie de la Vierge. Les autres, sur l’autre moitié de la voûte de la nef du sud, ont groupé en trois longues frises les miracles du Christ en Galilée et peint aux murs et aux voûtes du narthex les multiples épisodes du Jugement dernier. La première de ces écoles, toute traditionnelle, toute conservatrice, montre clairement par où l’art du xrv° siècle se rattache encore aux leçons du xi° et du xu° siècle. Par l'ordonnance générale, par les architectures réduites et les fonds de rochers monolones qui y tiennent lieu de paysage, par les costumes et le coloris, les ouvrages de cette
- école rappellent les miniatures de l’âge antérieur ; les épisodes de
la passion de saint Démétrius en particulier ne traités dans le même style que les compositions du Ménologe basilien. « Cette école, dit M. Millet, s'attache surtout au dessin et nuance le ton de chair par des ombres légères : elle recherche les valeurs moyennes, les harmonies paisibles et les attitudes simples. Elle ignore ou dédaigne la composition nouvelle, plus humaine. » Les œuvres qu'elle a produites ne sont point d’ailleurs sans mérite : on y rencontre, comme dans les ouvrages de l’époque des Comnènes, une observation attentive ét pénétrante, des atlitudes vivantes, des modèles pris dans le milieu contemporain ; et dans certaines scènes, par exemple dans l'Ensevelissement de saint Démétrius, le peintre « a su faire pénétrer la vie dans les types traditionnels ».
Dans l’autre école, au contraire, plus réaliste, plus impressionniste,