Millet, loc. cit., II
leurs mains les espèces. L'effet décoratif de ces élégantes silhouettes est extrémement heureux. Le ton clair des robes, les chaudes carnations aux ombres verdâtres forment des taches lumineuses ; la souplesse du dessin, la justesse des mouvements, la grâce . formes ne sont pas moins remarquables. Il n’y a, dans cette très belle œuvre, rien de conventionnel ni de solennel : et pourtant un sentiment religieux très profond l’emplit tout entière.
Fig. 400. — La divine liturgie. Fresques de la Peribleptos à Mistra (Coll. Hautes-Études, B. 9).
Non moins remarquable est le Christ dans une gloire qui flotte à la voûte du sanctuaire ; et si, dans la série des fêtes, toutes les compositions ne sont pas d'égale valeur (la Nativité et la Cène sont médiocres), il en est parmi elles d’admirables. Dans l'épisode des Saintes Femmes au tombeau, l'ange drapé de blanc, assis au bord du sépulcre, a toute la noblesse et la distinction des figures antiques, et les femmes, vêtues de vert et de rouge, mettent dans la composition une note infiniment harmonieuse. Dans la scène de la Transfiguration, le Christ aux cheveux roux, revêtu d’une robe blanche aux reflets orange, qui s’enlève en pleine lumière sur le fond bleu, est d'une grandeur et d'une beauté incomparables
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(fig. 402). La Crucifixion qui décore le transept du sud, est, par la variété des costumes, extraordinairement pittoresque et animée. La Dormition de la Vierge qui, au transept du nord, est placée au-dessus de la porte, offre, avec une composition harmonieuse et noble, une foule de détails curieux empruntés à l'antiquité. Dans la Descente de croix, le groupe des femmes est plein d’une émotion intense et pro-
Fig. 401. — La divine liturgie. Fresques de la Peribleptos à Mistra (Coll. Hautes-Études, B. 10).
fonde. Dans l’Anastasis, le Sauveur tout drapé de rouge produit un effet puissant et fort. Le Thrène n'est pas moins émouvant. Dans l’Ascension, enfin, le mouvement des anges qui soutiennent la gloire est superbe, et les apôtres groupés autour de la Madone ont une remarquable variété de gestes et d'attitudes (fig. 403).
Les mêmes qualités d'élégance,de mouvement,de vie, seretrouvent, avec un talent.plus personnel et plus délicat encore, dans les scènes de la vie de la Vierge. « La légende de la Madone a tout particulièrement séduit ces artistes sensibles. » Ils l'ont traitée avec infiniment de goût et de respect. « Leur jeune Vierge a vraiment la tenue, la distinction, l’allure, la finesse et la grâce d'une patricienne byzan-
tine!. » Rien n'est plus vivant et plus familier que les bergers qui causent avec Joachim au désert, plus élégant que la gracieuse silhouette de Joachim devant le conseil des prêtres, plus aimable que les petites figures dansantes qui, se tenant par la main, animent l’une
Fig. 402. — Le Christ, détail de la Transfiguration. Fresque de la Peribleptos à Mistra (Coll. Hautes-Etudes, C. 12).
des scènes de l'enfance de la Vierge, plus noble que la composition où Joseph reçoit le bâton fleuri (fig. 404). Enfin, dans l'Annonciation placée, selon l’usage, aux deux piliers qui flanquent l’abside, « l'ange a l’élégant dessin des œuvres florentines de la première moitié