‹ Manuel d'art byzantinChapitre 204 sur 309 · Millet, loc. cit., II · texte numérisé non relu

Millet, loc. cit., II

PERIBLEPTOS 809

qu à la Métropole, il est d'une exquise et somptueuse beauté, délicate et forte, étoffée et moelleuse à la fois. Plus sages que les maîtres impressionnisles de la Métropole, d'esprit plus idéaliste peut-être, à coup sûr de culture plus antique, les peintres de la Peribleptos ont-ils, comme on l’a dit, « moins de génie ! » ? Je ne le pense pas. En tout cas, par la justesse de l'expression, par l'élévalion du style, par la profondeur et la puissance du sentiment, ils sont comparables aux maîtres italiens de la première moitié du xtv® siècle.

A la coupole centrale, le Christ Pantocrator, avec son cortège de chérubins et de séraphins et les grandes figures de prophètes qui l'environnent, a beaucoup souffert des infiltrations. Aux parois des nefs et des absides, les fresques sont heureusement mieux conservées. À la conque de la grande abside, c’est la Madone trônant, au-dessous de laquelle des anges officiant, accompagnés des docteurs de l'Église, s'inclinent vers l'autel où l'Agneau est couché. Sur les côtés du bèma, deux grands tableaux montrent la Communion des apôtres ; à la voûte du bèma est représentée l'Ascension. Dans l'abside du nord, la Divine liturgie occupe l'hémicyele et la paroi du nord ; Emmanuel dormant adoré par les anges est figuré à la conquede l'abside de droite. Aux parois de la grande nef et aux voûtes des transepts, se succèdent les représentations des fêtes de l’Église ; dans la nef sud, ce sont les épisodes de l’ensevelissement du Christ ; dans la nef nord enfin, le cycle de la vie de la Vierge est largement développé en vingt et une compositions. Et bien que ce: diverses peintures soient de valeur parfois inégale et dues sans doute à plusieurs mains, l’ensemble, œuvre d'une même école, renferme des morceaux d’un mérite singulier.

L'un des plus beaux est assurément la Divine liturgie (fig. 400, 401), que l’on trouve pareillement à la coupole de Sainte-Sophie. Au centre de la composition, le Christ, en grand-prêtre, est debout sous un dais ; devant lui défile la procession des anges portant les objets nécessaires au sacrifice eucharistique. Sur le fond d’un bleu intense, ils passent d’une allure légère et rapide, largement drapés de dalmatiques blanches dont les plis dessinent leurs hanches pleines, un ruban blanc traversant leurs cheveux roux, leurs ailes vertes à revers bleus largement éployées, les uns, coiffés de la mitre, tenant en main des cierges ou des encensoirs, les autres soutenant sur

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