‹ Manuel d'art byzantinChapitre 208 sur 309 · PS TE · texte numérisé non relu

PS TE

apres

Fig. 406. — Mistra. Pantauassa. Résurrection de Lazare.

(fig. 405). L'Entrée à Jérusalem est intéressante par la variété des costumes, la belle allure de la figure principale, la grâce pittoresque des enfants qui jouent aux pieds du Christ, le riche décor

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d'architecture qui remplit le fond de la scène. La Résurrection de Lazare (fig. 406) est bien composée, le dessin des draperies y est large, le coloris d’une technique assez semblable à celui de la Peribleptos et le paysage de rochers et d'architectures est d’un aspect presque romantique. Dans les petites coupoles enfin et aux murs des tribunes, des figures de prophètes, d'apôtres, d'évêques et de moines sont traitées largement, dans un beau style monumental, encore qu'elles manquent un peu de sérénité et de calme.

Si l’on compare ces fresques de Mistra aux mosaïques du xr° siècle, toutes pleines encore des traditions de l’art classique, elles apparaissent absolument différentes. Par leur recherche du pittoresque, de l'expression, du pathétique, par le sentiment religieux qui les anime, constamment elles font penser aux primitifs italiens, et il n'est point douteux que c'est d'Italie, de Sienne et de Venise, avec qui Byzance au xiv° siècle entretenait d’étroites relations, que viennent certains gestes et cerlaines attitudes. « Les deux mondes, on l’a dit, si profondément séparés par la langue, la religion, les idées et les mœurs, communient pourtant dans l’art !. » Mais, dans cette imitation même, d'ailleurs fort réservée, l'Orient maintient les traits essentiels de son iconographie, il observe la tradition et la retenue des ancêtres, il reste jusqu'au milieu du xvr° siècle fermé à l'influence de la Renaissance. Précurseurs admirables de cette école crétoise qui devait au xv° siècle, en Serbie et en Russie, au xvi° siècle, à l’Athos, briller d’un si vif éclat, les peintres de Mistra sont les plus beaux représentants du style nouveau qui, né probablement dans la capitale, a été apporté de là en Laconie. Assurément il y a des faiblesses dans leur œuvre : le dessin y est gauche parfois, la perspective médiocre, et on y sent peu d'étude du modèle vivant. Mais ces maîlres ont le goût des belles formes, ils recherchent la grâce et l'élégance, ils ont surtout le sens de la vie, du pittoresque, de l'expression. Et par-dessus tout leur coloris est admirable. Leur palette est d’une variété surprenante. Nul ne connaît mieux qu'eux les beaux effets qu'on tire de l'opposition des rouges et des verts ; nul ne s'entend mieux qu'eux à faire chanter les bleus intenses, à varier plus subtilement la gamme des rouges et des bruns. La qualité de leurs gris, de leurs jaunes clairs, de leurs verts pâles est charmante : ils les marient avec un sens rare des valeurs, avec une ingéniosité raffinée, ils les combinent en des

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