‹ Manuel d'art byzantinChapitre 213 sur 309 · Millet, Arf. byz., LU · texte numérisé non relu

Millet, Arf. byz., LU

de vie, la même entente du coloris que nous avons précédemment signalées !.

Caractères généraux des fresques serbes. — Ainsi, deux grandes écoles d'art ont successivement travaillé en Serbie, et toutes deux procèdent surtout de Byzance. Comme l’a très bien dit Kondakof, les peintures murales serbes sont « une variante du style byzantin, élaborée sous l'influence italienne par l'école locale, mais conservant les dehors du type grec. Assurément, à la base, se trouvait la maîtrise grecque ?. » C’est ce qu’il importe de marquer en définissan! les traits généraux de cet art serbe, et d'autant plus que des théories récentes se sont efforcées de le soustraire à l'influence de l’art byzantin.

Si un point semble hors de doute, c'est la place considérable que tinrent les maîtres grecs dans la décoralion des églises serbes. C'est selon l'ordonnance byzantine que les images sont réparties dans les sanctuaires, sauf en quelques détails où se marque l'influence de l'Orient cappadocien ; c'est à l’iconographie byzantine, telle qu’elle s'est développée au xiv° siècle, que sont empruntés la plupart des thèmes représentés, sauf en quelques traits où se manifeste l'influence de l'Italie ; enfin des inscriptions grecques accompagnent généralement ces fresques, des signatures d’artistes grecs se lisent à Nagoritchino et à Lesnovo, et cela suffit pour leur attribuer dans ces décorations une part essentielle, comme dans celle de Gratchanitsa et de Matejitch. Sans doute des peintres indigènes ont pu se former à l'école de ces maîtres byzantins : mais, de façon générale, c'est de Constantinople que venaient les artistes qui peignirent les fresques de Macédoine et de Serbie comme ceux qui peignirent les fresques de Mistra.

Aussi bien observe-l-on, dans cet art serbe, la même évolution que dans l’art byzantin. Les fresques les plus anciennes, celles de la grande église de Stoudenitsa par exemple (fin x siècle), rappellent encore les ouvrages du xi° siècle byzantin. Dans la Crucifixion (fig. 410), dans les figures de saints, « les nus ont un beau ton doré et de légères ombres vertes, un modelé souple et juste; les attitudes et la draperie simples, les traits petits et fins, les nez arqués font penser aux mosaïques de Daphni ? ». Le même style se remarque

1. Th. Schmidt, Die Malereien des bulgarischen Klosters Poganovo (BZ., XVII, 190$).

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