‹ Manuel d'art byzantinChapitre 229 sur 309 · Millet, Byzance et non l'Orient (R. A., 1908, I · texte numérisé non relu

Millet, Byzance et non l'Orient (R. A., 1908, I

4. Cf. Munoz, Alcuni fonli letterarie per la storia dell'arle bizantina(NBAC., X, 1904) et Descrizioni di opere d’arte in uno poela bizantino del secolo XIV (Repert. f. Kuntswissenschaft, 1904).

détails d'un paysage, la grâce d'uneattitude, l'émotion d'un visage. Ainsi, leurs lecteurs s'habituaient à apprécier dans l'œuvre artistique de nouvelles qualités, et l’'humanisme ouvrait les voies à un art plus pittoresque et plus souple. Le mouvement intellectuel qui donnait tant d'éclat à la Byzance des Paléologues favorisait d'autre part le retour à la tradition antique. Enfin, depuis le x1° et le xu° siècle, on l’a vu, des tendances nouvelles se manifestaient dans l’art { : les accessoires et les architectures prenaient plus de place dans le fond des compositions, les personnages, plus vivants, élaient copiés davantage d'après nature : un goût du pittoresque, de l'expression, de la réalité, commençait à se manifester; un coloris plus savant et plus riche animait les peintures ; un grand souffle d'invention créatrice traversait cet art prétendu immobile. Le xiv° siècle recueillit toutes ces tendances, développa tous ces germes. « À Constantinople, où l'œuvre réparatrice des Paléologues, où le mouvement des lettres et la vie de cour favorisaient l'éclosion d'une jeune école? », un style nouveau se forma, qui supplanta vite le style traditionnel et donna à la dernière période de la peinture byzantine une réelle originalité.

Assurément, on l’a dit, il faut dans ce mouvement faire à l'Italie sa part. Dans telle fresque de la Peribleptos de Mistra, la Descente de Croix par exemple, il y a une parenté évidente entre le peintre grec inconnu et Duccio. Dans les représentations du T'hrène, il y a parenté étroite entre Sienne ct les Balkans. On a noté d’autres exemples de cette influence, qui a appris aux Byzantins « la tendresse dans les gestes, la liberté et l'abondance dans les compositions Ÿ. » Mais on a marqué également les limites de cette influence, et comment « les artistes byzantins ont innové, dans le même sens que les Italiens, sans les imiter‘ ». Et sans doute aussi ces artistes ont pu s'inspirer parfois d'anciens modèles. Ici aussi, ils ont su assez transformer ces modèles pour faire, malgré tout, œuvre de créateurs.

On à dit les qualités essentielles de ce style nouveau. C’est d'abord, et par-dessus tout, l'effort pour « placer les figures dans leur cadre naturel, à leur place, au milieu des autres hommes, comme

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