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l’on observe au xiv° siècle. L'illustration des ÆJomélies du moine Jacques par exemple nous aurait conservé la mise en scène, les costumes, les péripéties d’une pièce qui, en sixactes et un prologue,
. racontait l’histoire de la jeunesse de la Vierge !. Si séduisante que
soit cette théorie, si ingénieuse qu’en soit la démonstration, elle semble difficilement acceptable. Un écrivain grec du xv° siècle, Syméon de Thessalonique, blämant l'erreur des Latins qui jouent de grossiers mystères, écrit : « Si tu veux représenter ces faits et les apprendre aux hommes, célèbre l’office, tel que Jésus nous l'a légué, enseigne par la parole, compose des écrils et figure par la couleur suivant la tradition. » Ainsi le rite, l'homélie, l'image suffisent à représenter l'histoire du Sauveur : le drame religieux, s’il a existé, n'a exercé aucune influence dans la formation de l'iconographie, et si elle doit quelque chose aux homélies dramatiques, ce sont tout au plus quelques détails ?. C’est ailleurs qu'il faut chercher les causes qui ont créé l'iconographie nouvelle.
Elle doit beaucoup lout d’abord à l'influence des théologiens du temps. La figure de la Vierge-reine dans la Déisis est inspirée par un passage de Grégoire Palamas ?. Les sermonnaires et les mélodes ont fait d'autre part pénétrer le pathétique dans l'iconographie de la Passion ; tel passage de Maxime Planade, dans un discours sur la sépulture de Jésus-Christ, exprime de façon émouvante le désespoir de la Vierge et montre comment à chacun des tourments du Sauveur correspond une douleur de Marie. L'influence des humanistes n’a pas été moins féconde. Grâce à eux, depuis le xn° siècle, une esthétique nouvelle commençait à régler le goût artistique des Byzantins. À limitation de Philostrate, les auteurs des compositions appelées ’expouseis {, les romanciers, les poètes, se plaisaient à décrire les œuvres d’art qu'ils voyaient autourd’eux. A l’époque des Paléologues, un Manuel Philès, un Jean Eugenikos, d’autres encore faisaient de même. Or, ce qu’ils louaient surtout dans les ouvrages qu'ils décrivaient, c'était l'expression de la vie, la beauté de la forme, l'habileté du travail; ce qu'ils mettaient en lumière, c'étaient les
1. Bréhier, Les miniatures des Homélies du moine Jacques et le théâtre religieux à Byzance (Mon. Piot, XXIV, 1921).