‹ Manuel d'art byzantinChapitre 235 sur 309 · Aïnalof, loc. cit., 121 et pl, XI · texte numérisé non relu

Aïnalof, loc. cit., 121 et pl, XI

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part au xiu° ou au xiv° siècle, a été signalée par Kondakof dans l’église de Saint-Clément d'Ochrida. Ce sont de grandes images, “mesurant de 0,92 à 1,10 de haut, et qui très vraisemblablement reproduisent des icones célèbres dans le monde byzantin. Au Christ

Fig. 427. — La Madone. Mosaïque portative (Chilandari) (d'après Kondakof, Athos).

« sauveur des âmes » (Luyoswcrns), belle et noble figure largeme

drapée, au visage doux et calme (fig. 426), fait pendant la Vierge duyocwotouw, dont l'attitude rappelle la célèbre Madone d'Iviron; les deux panneaux datent du xm° ou xiv® siècle. Puis c’est, de la même époque, la Madone Peribleptos, et deux belles icones de la Vierge Hodigitria, dont la seconde rassemble fort à la Madone de Smolensk ; et c’est enfin une Notre-Dame de la Passion, où l'enfant

divin jette un regard d’effroi sur l’ange qui lui présente les instru-

ments de son futur supplice. Toutes ces figures, couvertes de riches revêtements d'argent, également du xiv° siècle, parées de nimbes à

l'ornementation élégante, sont pour la plupart d’un style sévère et

dur. Seules les icones du Sauveur et de la première Hodigitria sont

d'un art plus vivant et plus souple, qui correspond bien aux ten-

dances nouvelles du xiv° siècle. «

Icones en mosaïque. — Parfois, comme à l'époque antérieure, certaines de ces images étaient exécutées en mosaïque. Au couvent de Chilandari, on conserve ainsi une icone de la Vierge Hodigitria, qui semble du xiv° siècle (fig. 427) ; elle se détache sur un fond d'or; son visage, très modelé, porte sur les joues des plaques rouges; les ombres sont d’un ton gris bleu. Une mosaïque presque semblable, du xm° ou xiv° siècle, a été signalée à Éregli, dans l’église de Saint- Georges !. Une collection particulière possède une belle mosaïque représentant l’Annonciation : elle semble du xiv° siècle et pourrait sortir du même atelier que les mosaïques de Kahrié-djami ?.

On voit par celte rapide revue des monuments, où je n’ai point compris les Madones, datées avec une imprécision absolue, des églises italiennes, et de Rome en particulier, combien nous commençons seulement à être informés du développement de la peinture d’icones. Cette peinture a-t-elle, comme on l'a pensé, exercé au xiv® siècle une influence sur la fresque, et lui a-t-elle fourni des modèles ? Il se peut. En tout cas les fresquistes de la Peribleptos à Mistra, comme les peintres serbes de la fin du xiv® siècle et du xv°, ont transporté dans l’art monumental les procédés de la peinture d’icones. Il est probable en revanche que celle-ci, surtout si nous l'étudions dans d’autres monuments que ces figures du Christ ou de la Vierge fixées par une longue tradition, nous apparaîtra, comme tout l’art de la Renaissance byzantine, curieuse de pittoresque, de vie, et hardiment coloriste. C’est ce que montrent les icones russes que produisit, entre le xiv° et le xvr° siècle, l'école dite de Nogvorod, dont les nombreux ouvrages nous apportent comme un dernier reflet de l’art de Byzance,

L'école de Novgorod. — On y retrouve la plupart des qualités qui caractérisent les fresques de l’école crétoise, le sens du rythme et de l'harmonie dans la composition, l'idéalisme des expressions, la

1. Stryygowski, Die Cathedrale von Herakleia. 2. Bayet, Art byzantin, fig. 44 ; Aïnalof, loc. cit., 18-79. 3. Voir les ouvrages précédemment cités de Likhatchef, Mouratof et Réau.

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noblesse et la pureté de style, l'accord délicat des figures et du paysage, le charme de la couleur. Certaines œuvres du xiv° siècle

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