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RES ET

Fig. 428. — L'entrée à Jérusalem. Icone de l'école de Novgorod.

sont à cet égard fort remarquables, par exemple les graves figures de saints, comme le prophète Elie de la collection Ostrooukof, ou l’archange Michel de la collection Riabouchinski {vers 1350), ou ces vives et pittoresques images, telles que le saint Georges à che-

val de la collection Ostrooukof, ou les saints Boris et Gleb de la collection Likhatchef, exemple typique de l'art monumental du xive siècle. Mais c'est le xv° siècle surtout qui fournit des œuvres éminentes, au premier rang desquelles il faut placer l’admirable icone qu'André Roublef peignit vers 1410 pour le couvent de la Trinité, près de Moscou. Elle représente les trois anges assis à la table d'Abraham, et elle n'est pas moins remarquable par la beauté tout antique des visages, le naturel des attitudes, que par la vie, la souplesse, la grâce dont elle est pleine. On a justement rapproché ce chef-d'œuvre des fresques de la Peribleptos de Mistra et des miniatures du manuscrit de Jean Cantacuzène ; elle en rappelle le style, et cette « vision de beauté idéale » suffit à montrer l'influence que Byzance exerçait sur l’art et l’iconographie russes. :

Mais l'icone de la Trinité n'est point un chef-d'œuvre isolé. L'école de Novgorod a produit au xv® siècle de nombreux ouvrages de qualité rare. On peut signaler, dans la collection Ostrooukof, l'Entrée à Jérusalem (fig. 428), et les deux panneaux, provenant de la même iconostase, qui représentent avec tant d'émotion pathétique et de poignante simplicité la Descente de croix et la Mise au tombeau. C'est, à la collection Riabouchinski, l’histoire, traitée-de façon si pittoresque et si vivante, de sainte Catherine et de son martyre, ou, au musée Alexandre III, la grande composition qui figure l’intercession de la Vierge. De belles œuvres se rencontrent au xvi° siècle encore, telles que la Déisis ou l’Anastasis de la galerie Tretiakof. Mais déjà la décadence commence; le style devient maniéré, il perd la simplicité qu'il devait à l'influence de la fresque. L'école Stroganof, entre 1550 et 1620, ne rappelle plus guère Byzance. La peinture d’icones n'en demeure pas moins, comme on l'a dit, « un des plus beaux fleurons de l’art russe », et elle a pour nous cet intérêt par surcroît, qu'on y retrouve comme un dernier et magnifique reflet de l’art byzantin qui l'inspira.

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