‹ Manuel d'art byzantinChapitre 238 sur 309 · Omont, Dosiadès et Theéocrile (Mon. Piot, XII · texte numérisé non relu

Omont, Dosiadès et Theéocrile (Mon. Piot, XII

giques montre bien quels étaient les goûts des humanistes du temps. Mais ce qui est plus remarquable, c'est la façon vivante et originale dont certains passages du texte ont été illustrés. La scène qui représente un personnage partant pour la chasse, précédé de ses serviteurs et de ses chiens, est une composition pleine de vérité et de charme (fig. 429). On y reconnaît le souci de copier le modèle d'après nature, et sans peine on distingue parmi les personnages le Grec aux traits droits et nobles, les Slaves aux yeux bridés, aux lèvres épaisses, à la barbe rousse épanouie. La même influence du milieu contemporain apparaît ailleurs encore ; on voit dans une des miniatures des Turcs traînant leurs victimes, dans une autre Médée en costume oriental.

Le même style et les mêmes lendances se rencontrent dans les manuscrits du roman de. Barlaam et Josaphat, très populaire à cette époque, (Iviron 453, commencement xim° siècle ; Paris, Gr. 1128, xiv® siècle). On y observe un souci remarquable de la couleur locale dans les costumes, l'équipement, le paysage, une extrême variété des scènes animées et pittoresques. L'une d'elles en particulier est pleine d'esprit, de vivacité et de grâce. A l’occasion d’un passage où Barlaam enseigne à son disciple la haine du monde, le peintre a représenté ces mondains que condamne le saint. À une table richement servie trois jeunes gens, magnifiquement vêtus, sont assis autour d’une jolie femme, habillée d'une robe rouge et or, et dont un bonnet d'or couvre les cheveux noirs flottants. C’est une scène toute familière, œuvre élégante d'un artiste de talent.

Les portrails. — Ainsi la vie réelle se mêle sans cesse aux souvenirs hellénistiques. Et ceci explique la grande place que tiennent, dans les miniatures de ce temps comme dans les fresques, les portraits. Dans l'Hippocrate de la Bibliothèque nationale (Gr. 2144), qui date de 1350, figure, en face du portrait de l’auteur, une image singulièrement vivante et sincère du grand-duc Alexis Apocaucos, en costume de cérémonie. Dans un manuscrit d'Oxford (bibliothèque du Collège de Lincoln, xiv* siècle), une série de portraits de membres de la famille des Comnènes remplissent les douze premiers feuillets du {ypicon du monastère de Notre-Dame de Bonne-Espérance !. Le Zonaras de la bibliothèque de Modène est illustré de toute une suite d’effigies impériales ? ; le Codinus de la Bibliothèque natio-

1. Omont, Portrails des Comnènes (Rev. des Études grecques, 1904).

2. Lambros, ‘H eixovoypagia téiy Butaytivey aroxoatépuy èv TÉ JEtpoypApUu TOÙ Zwvapà ëv Moivn (Comptes rendus du Congrès international d'Athènes, 1905).

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