LES MANUSCRITS PROFANES
nationale, on constate un fait assez remarquable : plus du tiers de ces manuscrits renferment des ouvrages d'auteurs profanes, Hippocrate et Dioscoride, Euclide et Aristote, Eschyle et Euripide, Libanius et Oppien, sans parler des traités de médecine, de science ou d’astrologie. Il semble bien que l'époque des Paléologues ait eu, sous linfluence de l’humanisme, un goût très marqué pour les œuvres de l'antiquité grecque, et spécialement pour celles de l’hellénisme alexandrin; et pareillement ce réveil des influences classiques se manifesta dans l'illustration des manuscrits. On a dit pré-
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Fig. 429. — Le départ pour la chasse. Miniature du manuscrit d'Oppien Bibl. Nationale).
cédemment, en parlant de l'iconographie nouvelle du xiv° siècle, quelle place y occupèrent les motifs alexandrins remis en honneur : les miniatures, comme les fresques, s'inspirèrent du goût hellénistique. Elles ont un caractère anecdotique et profane, elles sont traitées comme de véritables scènes de genre, dans un style pittoresque et réaliste.
Le goût hellénislique. —Que l'on considère par exemple le Théocrite (Gr. 2832), qui date du milieu du xiv° siècle, et qui est une copie évidente d'un original plus ancien : Dosiadès présentant l'Autel à Apollon, Théocrite offrant la Flûte à Pan, sont des motifs purement alexandrins, directement inspirés des (raditions de l'art antique !. Que l’on regarde le manuscrit des Cynégétiques d'Oppien (Gr. 2736), copie assez médiocre du même prototype que reproduisait au x° siècle le manuscrit de la Marcienne. La large place que tiennent dans cette illustration du xv° siècle les épisodes mytholo-