Aïnalof, loc. cit
dans un manuscrit de saint Denys l'Aréopagite, exécuté vers 1408 et aujourd'hui conservé au Louvre, et dans un manuscrit de la Bibliothèque nationale (Gr. Suppl. 309), iln'y a plus guère ni mouvement ni vie. Seules les têtes, soigneusement dessinées, conservent
quelque expression.
Skylilzès *. — C'est de la même inspiration que procède une des œuvres les plus intéressantes qui nous restent de la miniature byzantine, le Skylitzès de la Bibliothèque nationale de Madrid. Dans ce manuscrit du xiv* siècle, où l’on retrouve, ainsi qu'on l’a observé, comme un reflet des peintures d'histoire qui couvraient les murs des palais byzantins, près de 600 compositions illustrent le
Fig. 431. — Couronnement de Monomaque et de Zoé. Miniature du Skylitzès de Madrid (Coll. Hautes-Études, C. 1260).
texte de cette chronique, qui va de l’année 811 au milieu du xI° siècle. Plusieurs artistes, de talent inégal, ont travaillé à ce grand ouvrage, et on distingue sans peine plusieurs mains. Au début, dans la portion du récit qui va jusqu’au règne de Basile I, on trouve descompositionssobres, remarquables par la vérité des figures et des altitudes (fig. 430). Puis, jusqu'à l'assassinat de Nicéphore Phocas, viennent de grandes miniatures, d'un dessin plus grossier, d'une couleur plus trouble. Une troisième main, qui a illustré les règnes de Jean Tzimiscès et de Basile II, montre au contraire des qualités tout à fait supérieures, une exécution large, de la hardiesse et de la vivacité dans les poses, un réalisme singulier dans la représentation des types populaires. Sur les fonds généralement polychromes, d'un
1 Kondakof, Trésors russes, Pétersbourg, 1896; de Beylié, L'Habitation byzantine, Paris, 1902. La série complète des miniatures se trouve dans les photographies de la Collection des Hautes-Etudes (B. 369-372 et C. 869-1277)
SKYLITZÈS 877
2 A 1.) \ # LU = Q goût arabe, s'enlèvent de nombreux édifices, fantaisistes ou réels, qui encadrent les personnages (fig. 431).
La Bibliothèque Vaticane conserve une autre œuvre de la
Fig. 432. — Jean Cantacuzène présidant un concile. Miniature du manuscrit Gr. 1242 (Bibl. Nationale).
miniature historique et profane. C’est un épithalame en l’'honneur d'Andronic II Paléologue, composé vers la fin du xm° siècle". Il est illustré de curieuses miniatures, représentant des cérémonies
4. Strygowski, Das Epithalamion des Paläologen Andronikos 11 (Bz2. XS 1901).
ee]
Fig. 433. — Jean Cantacuzène empereur et moine. Miniature du manuscrit Gr. 1242 (Bibl. Nationale).
de . Fa
SKYLITZÈS 879
de la cour byzantine. L'exécution est médiocre : mais on y retrouve ce même goût du portrait et de la vie réelle qui est caractéristique des œuvres de ce temps.
Fig. 434. — La Transfiguration. Miniature du manuscrit Gr. 1242 (Bibl. Nationale).
On peut enfin rapprocher de ce genre d'illustration les intéressantes représentations de campagnes militaires qui décorent la Vie d'Alexandre, dans un manuscrit de Venise (Bibl. de S. Giorgio dei Greci, xiv° siècle), et surtout le fameux manuscrit slavon du Vatican, renfermant la traduction bulgare dela chronique de Manassès.
Cetouvrage, qui date du milieu du xiv° siècle, est illustré de curieuses miniatures, remarquables par la vivacité des mouvements, la variété des costumes, le pathétique. Les artistes ne semblent point avoir reproduitun type byzantin ; maisils ont créé des compositions conformes aux habitudes et aux tendances artistiques de l'époque où ils vivaient.
se ee Ti Vrheopoyf%e
LPS, Ve SRE ECS EE PES
Fig. 435. — Festin byzantin. Miniature du manuscrit de Job (Bibl. Nationale).
Les manuscrits religieux. — Les manuscrits religieux du temps des Paléologues sont moins nombreux que les manuscrits profanes : il ne nous est parvenu du xiv* siècle que bien peu de manuscrits liturgiques illustrés avec luxe et talent. En tout cas, les rares œuvres de valeur de la miniature religieuse ne diffèrent aucunement par le style des ouvrages précédemment décrits. Dans un manuscrit de la Bibliothèque nationale (Gr. 1242) qui fut, vers 1375, peint pour l'empereur Jean Cantacuzène, on trouve une représentation très vivante et très pittoresque du concile de 1351 (fig. 432); ailleurs, ce sont des portraits, aux têtes criantes de vie. Les épisodes sacrés
F er