‹ Manuel d'art byzantinChapitre 244 sur 309 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

Vêtements ecclésiastiques. Voiles eucharistiques. Epitaphios de Salonique.

On sait’quelle fut au moyen âge la renommée des étoffes byzan- Unes, et comment elles furent l'un des éléments principaux du luxe byzantin, soit pour la décoration des palais, soit pour l'habillement des grands personnages. L'Église également s'en servit volontiers pour rehausser la splendeur de ses cérémonies. Les anciens inventaires mentionnent, à côté des icones et des orfèvreries, nombre de précieuses étofles historiées ou brodées, vêtements ecclésiastiques, nappes d'autel, voiles eucharistiques servant à couvrir la patène ou le calice, ou encore communs aux deux vases sacrés. Beaucoup de ces tissus ont naturellement péri. Pourtant à l’Athos, en Macédoine, en Roumanie, en Bukovine, en Russie, et dans quelques collections privées d'Occident, il subsiste d’intéressants monuments de cet art ; et si beaucoup d’entre eux datent seulement du xvi® et du xvn° siècle, en revanche quelques pièces plus anciennes, vraiment belles, sont des œuvres remarquables de la Renaissance byzantine,

Vêtements ecclésiastiques. — Ce sont d’abord des vêtements ecclésiastiques. Les uns sont faits de soieries portant des dessins tissés dans l’étoffe : le musée Kestner à Hanovre possède un tissu de cette sorte, du xm°siècle (fig. 439), où, sur le fond pourpre de la soie, se détachent des chevaux ailés au milieu de feuillages ?. La plupart, exécutés dans une technique qui semble avoir été très en vogue à cette époque, sont en soie richement ornée de broderies. On peut citer, comme exemples de ce genre de travail, une étole et un épigonate en soie bleue brodée d'argent et d'or, décorés, l’une de

1. Outre les ouvrages cités au cours du chapitre, on consultera pour l’ensemble : Farcy, La broderie du XI° siècle à nos jours, Angers, 1890 ; Lessing, Die Gewebesammlung des K. Kunslgewerbe-Museum, Berlin, 1900 et suiv. ; Migeon, Les arts du tissu, Paris, 1909, et le livre déjà cité de Falke, Kunstgeschichle der Seidenweberei.

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