DIVERSITÉ DES INFLUENCES
manque qu'un bonnet d’astrakan pour être le portrait d'un fonctionnaire actuel de Van ou de Téhéran ! ». Pour comprendre cette variété des types, 1l importe de chercher les sources d'inspiration de cet art.
Diversité des influences. — On sait déjà avec quelle complaisance l’époque de la Renaissance macédonienne est revenue aux traditions antiques. Dans cet immense musée qu'était Constantinople, il était impossible que le goût ne s'affinât point au contact des chefs-d'œuvre de l’art grec : c’est par l'étude directe des modèles classiques que s'explique la supériorité des beaux ouvrages byzantins du x° et du xr° siècle. Dans les plus nobles figures qu'ont créées les mosaïstes de ce temps, les gestes, les attitudes, les draperies rappellent les statues de la Grèce et de Rome ?. Les archanges . au visage souriant et fier ont la majesté sereine des dieux et des empereurs ; les vierges gardent quelque chose du rythme et de la grâce antiques ; les guerriers à la stature élégante, aux traits jeunes el beaux, attestent l'influence toujours puissante des types classiques. De là vient ce ferme modelé des visages, cette structure un peu courte parfois, mais si bien équilibrée encore, cette grâce noble des gestes, ce dessin élégant des draperies. L'art antique, avec ses procédés et ses formes, appliqués à des thèmes nouveaux, se prolonge dans l’art byzantin, appauvri mais toujours vivace.
Mais, en face de ces œuvres d'inspiration toute classique, d’autres influences apparaissent. C’est d’abord, quoi qu'on en ait dit, celle de l'Église, avec la tendance qu'elle a à glorifier l’ascétisme, à exclure de l’art la*beauté, à mettre sa prédilection dans les images austères et solennelles, dans les visages sévères, tristes et durs. En face de la tradition antique, il y a une tradition monastique qui, peu à peu, donnera le ton à l'art byzantin. Ce n’est pas tout encore. Dans ce monde cosmopolite qu'était la Constantinople du x° et du xr° siècle, où toutes les raceset tousles types se rencontraient, l'Orient offrait en foule à la curiosité des artistes des modèles intéressants et caractéristiques. Or, malgré ses attaches traditionnelles, l’art byzantin du x et du x° siècle semble avoir été, plus qu'on ne l’attendrait, curieux du détail pittoresque et vrai, épris de réalisme et capable d'observation. Aux costumes antiques il a volontiers mêlé les ajustements contemporains, habillant ses guerriers et ses martyrs comme