‹ Manuel d'art byzantinChapitre 24 sur 309 · Ibid., p · texte numérisé non relu

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ment, on constate sous cette apparente monotonie un effort pour diversifier les visages. Sans doute, cet art fait le plus souvent abstraction des variations individuelles ; mais si, en général, les personnalités ne se dégagent point pleinement, du moins tous ces saints ne sont-ils pas d'une même famille. En face des évêques et des moines, au visage osseux et rude, au corps lourd et mal taillé,

Fig. 252. — Saints. Mosaïque de Daphni (d'après Millet).

à l'attitude raide et compassée, à l'expression monotone et triste, prennent place les archanges, les saints guerriers, au riche costume militaire, au corps élégant et souple, à l'attitude libre et fière, au visage resplendissant d’une juvénile beauté (fig. 253). En face du type grec antique, un type nouveau, d'autre part, apparaîl, aux yeux aigus, au nez busqué, au regard oblique, aux longs cheveux tombant sur les épaules, et, à partir du xi° siècle, de plus en plus ce type prévaudra. Évidemment des traditions diverses, des races d'hommes différentes se mêlent ici : malgré la rigidité des procédés traditionnels, on sent, dans cet art du xr° siècle, un effort pour s’assouplir, se diversifier et se renouveler. Jusque dans les types les mieux établis, cet art introduit des divergences inattendues. A Saint-Luc, à côté du Pantocrator classique, on rencontre un Christ aux longs cheveux fins d'un blond clair, à la barbe blonde encadrant un visage au teint sombre, aux yeux profonds creusés sous d'épais sourcils, dont l'aspect étrange contraste singulièrement avec les images ordinaires du Sauveur. A Daphni, à côté des éphèbes charmants, des prophètes aux gestesnobles et simples, au mâle visage, au regard profond, on trouve des personnages comme le saint Eustratios, « auquel, comme on l'a dit spirituellement, il ne

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