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LES COMPOSITIONS

de copier d’après nature les costumes et les types contemporains ; mais il est inadmissible que de cet art profane rien n'ait passé dans l’art religieux. D'autant plus que cette hypothèse explique à merveille comment, dans les ouvrages de cet art, aux modèles inspirés de l'antique, aux types conventionnels qu’impose l'Église se -mêle un goût « naturaliste » du détail pittoresque et de l’observation vraie.

Les composilions. — Le même effort pour se renouveler apparaît quand on étudie les compositions. Ici encore l’art du x° et du x1° siècle sent le besoin d'innover; il ne veut point redire à l'infini ‘les mêmes choses ; tout en restant attaché aux enseignements de l'Église, il se croit le droit d'être original, et il le fait avec un talent dans l'invention, une élégance et une harmonie dans la composition, une souplesse et une beauté dans l'exécution, une richesse surtout et une complexité dans le coloris, qui, à Daphni surtout, ont produit des œuvres admirables.

Dans les mosaïques du v° et du vi° siècle, c'était sur des fonds bleus. que se détachaient les draperies blanches des figures. Un trait caractéristique de la mosaïque, au temps des Macédoniens et des Comnènes, est l'emploi exclusif des fonds d'or, vaste champ lumineux qui permettra dans les figures des combinaisons plus riches de coloris, en appuyant, en soutenant les valeurs diverses d'une basse continue et profonde. Sur ce fond, peu de place est réservée au paysage et aux accessoires ; souvent même, rien absolument ne vient rompre la sévérité du fond d’or; en tout cas, les accessoires, quand il y en a, sont de dimensions extrêmement réduites, Il faut observer pourtant que, sous l'influence de la miniature, une tendance pittoresque commence à apparaître dans quelques compositions (Prière de Joachim et d'Anne à Daphni, fig. 254) quise développera plus tard, et que, dans certains de ces accessoires (fontaine du jardin d'Anne, baldaquin de la Présentation, lit drapé de la Nativité, etc.), se révèlent un goût et une élude attentive du détail précis et réel. C'est l'annonce d’une évolution qui se continuera dans les mosaïques vénitiennes et siciliennes et qui s’'achèvera au xiv° siècle. Pour le moment toutefois, c'est à la figure humaine que la décoration emprunte son élément essentiel.

L'ordonnance. — Ces figures se groupent sur le fond d’or en compositions, pour lesquelles l’iconographie nouvelle fournit des modèles devenus bien vite traditionnels. Toutefois, on l’a vu, l’or-

donnance de ces groupements n’est point immuable. Par la multiplié cation des épisodes, par l'accroissement des groupes, par la dou des gestes et des attitudes, des iDnO Fans Vécitabiess s introduisent ; surtout l'ingéniosité du mosaïste s applique à SES Le l'ordonnance générale de la composition. Tantôt elle est symétrique:

Fig. 254. — La prière d'Anne. Mosaique de Daphni (Coll. Hautes Études, B. 343).

autour d’un personnage central, les masses se répondent et s'équilibrent. Tantôt elle est dissymétrique, comportant deux groupes inégaux, ou bien même une seule masse !. Mais toujours l'artiste garde le souci de la ligne décorative, de la répartition harmonieuse des figures. « La composition, on l'a dit, est d’un goût tout antique. » Parfois même certains traits originaux y apparaissent. Certaines scènes, décousues à l’origine, comme l’Adoration ou la Nativité de la Vierge, prennent, avec un aspect plus pittoresque, plus d'unité aussi. Certains thèmes, comme l'Anastasis, par le déplacement des rois. joints à Daphni aux premiers hommes, s'af-

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