‹ Manuel d'art byzantinChapitre 44 sur 309 · LES · texte numérisé non relu

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Musée de l'Opera del Duomo (Phot. Alinari

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fêtes (fig. 268). Ces deux monuments, d’une élégance un peu sèche, semblent dater du xiv° siècle. Le plus grand nombre des autres est du xu® ou xrn° siècle, quelques-uns du x1v°. Certains sont de dimensions assez considérables, comme la Madone à l'enfant du monastère de Chilandari à l’Athos, qui mesure 0,64 sur 0,45, et que Kondakof date du xmn° ou xiv° siècle. En général pourtant, ils sont de proportions plus petites, et l'exécution, faite au moyen de cubes

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Fig. 269. — Saint Georges. Mosaïque portative (Musée du Louvre).

microscopiques assemblés sur un lit de cire, est d’une incomparable finesse.

E.Müntza dressé, en 1886, un premier catalogue de ces mosaïques portatives, où, à côté de nombreux monuments indiqués par les textes et perdus, on notera, comme particulièrement remarquables, au Louvre, une Transfiguration et un médaillon circulaire représentant saint Georges combattant le dragon {xm° s.) (fig. 269); au Vatican, un saint Théodore le Stratilate, assez endommagé (xu°s.); ‘au South-Kensinglon, une Annonciation (xn°-xin 8.) ; à l'Ermitage de Saint-Pétersbourg, un prophète Samuel et un saint Théodore. Le musée de Vich en Espagne possédait autrefois un fort beau saint Nicolas, attribué au xm° siècle. Mais l’Athos surtout est rela-

tivement riche en monuments de ce genre: à côté de la Madone de Chilandari (xmn®-xive s.) et du saint Jean Chrysostome (xn£ 8.), d'un style si réaliste, qui de Vatopédi a passé dans la collection Nélidof, oncitera le Sauveur d'Esphigmenou (xn° siècle), noblement drapé dans un manteau de pourpre couvrant une tunique bleue ; la sainte Anne de Vatopédi, qui peut-être faisait partie du même triptyque, et dont le travail très fin emploie beaucoup de cubes d'argent; le saint Georges et le saint Démétrius de Xénophon (xrr°xrr® siècle), qui, par la finesse du travail et le caractère populaire des visages, rappellent le panneau de la collection Nélidof ; le saint Nicolas de Stavronikita (x1°-xn° siècle), que Kondakof considère comme la meilleure de toutesces mosaïques portatives, et qui ressemble fort à celui de Vich; enfin et surtout la Crucifixion de Vatopédi(xr-xn° s.),d'unstyle un peutourmenté, mais qui est également remarquable par la finesse et l’habileté du travail, la justesse des attitudes, l'expression des visages et l'éclat du coloris. On notera la façon dont le ciel a été traité au moyen de cubes d'argent".

Tousces petits monuments, qu'il faut rapprocher desicones peintes sur bois, ontun intérêt réel pour l’histoire de l’iconographie byzantine. La plupart d'entre eux, parle style, se‘rapprochent des miniatures et offrent les mêmes qualités d'exécution serrée, attentive, d'élégance un peu sèche et tourmentée, de coloris harmonieux et puissant.

1. E. Müntz, Les mosaïques byzantines portatives (Bulletin monumental, t.52, 1886). Pour Vich: Roulin, Tableau byzantin inédit (Mon. Piot, t. VII, 1900). Pour l’Athos: Kondakof, Monuments de l’art chrétien à l'Athos, -Pétersbourg, 1902, p. 104-120 et pl. XI-XVI; Aïnalof, Monuments byzantins de l'Athos (Viz, Vrem., VI, 1899).

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