Bayet, L'art byzantin, 148. AP
3. Cf. Pelrof, Album du musée de l'Académie ecclésiastique de Kief, livr. 1, Kief, 1912.
le savant russe incline à faire remonter jusqu à l'époque des iconoclastes. Après cette image précieuse, la Madone dite « de Koukou-
Fig. 277. — Saint Pantéléimon, Icone du Musée de l’Académie ecclésiastique de Kief.
zelis » à Lavra, qui ne semble pas postérieure au x° siècle, et la Panagia voryecoüox (à trois mains) de Chilandari (xiv° siècle)
méritent seules à l’Athos de retenir l'attention, Dans l’église de Saint-Clément d'Ochrida au contraire, deux beaux panneaux, se faisant pendant à l'entrée du sanctuaire, représentent les deux personnages de l'Annonciation : ce sont des œuvres excellentes de
Fig. 278. — L'ange de l’Annonciation. Icone à Saint-Clément d'Ochrida (d’après Kondakof, Macédoine).
la peinture du x1° ou du commencement du xn!° siècle. L'archange en particulier est tout à fait remarquable par la largeur du modelé et le beau style des draperies (fig. 278).
La Russie également conserve un certain nombre d’icones célèbres de la Vierge, que des traditions assez mal établies attribuent à des
dates assez anciennes. Telles seraient la Madone de Smolensk, dont la première mention se rencontrerait en 1046, celle de Mourom (commencement du xuf siècle), toutes deux du type de l'Hodigitria : celles d'Igor (xn° siècle) et de Kostroma (1"° mention en 1239) ; celles de Novgorod (1069) et de Koursk (1295), toutes deux dans l'attitude de la Vierge des Blachernes; celles de Chorsoun, celle de Kazan, celle de Vladimir au musée national de Moscou, qu'on date du xn° siècle, etc. Malheureusement, aucune étude scientifique n’a été faite encore de ces monuments, dont beaucoup, d'après Kondakof, dateraient de la période qui va du xr° au xiv° sièclet. Il faut mentionner également, au musée ecclésiastique de Kief, une image des apôtres Pierre et Paul, datant du xn° siècle, et exécutée au revers d'un panneau figurant la Déisis et plusieurs autres panneaux du même temps ?.
Les découvertes récentes faites en Géorgie ont fait connaître, d'autre part, quelques icones qui semblent mieux datées par des inscriptions : à Ghélat, la Madone de Kakhouli (1r° moitié du x siècle), copie de la Vierge byzantine de Chalkopratia, une icone du Sauveur (1"° moitié xn°), une autre du Christ, avec légendes grecques (xre-xut s.) ; à Khopi, une figure du Sauveur (xn°-xim s.), une image de la Madone, copie ancienne d'un original byzantin, exécutée, d'après Kondakof, au x° siècle, et une autre datant du xi° ou xrr° ; à Kozkhéri, un Christ du x1° siècle avec un cadre décoré d'émaux, etc.
L'Occident, d'autre part, possède un certain nombre d'images, à quelques-unes desquelles on attribue une date assez ancienne : à Rome, entre beaucoup d'images de la Vierge d’antiquité douteuse et mal attestée (Madone d’Aracoeli, pas antérieure au xn° siècle : Madone de Santa Maria Siciliana, mentionnée en 1092 ; etc.), on citera seulement la Madone de Sainte-Marie-Majeure, l’une des plus remarquables par sa valeur artistique et qui, au jugement de Kondakof, serait du vu ou du 1x° siècle, et la Madone de Santa Maria in Via Lata (xr° ou xn° s.) ; à Saint-Marc de Venise, la Madone Nicopea, copie d’un original grec de l'Hodigitria datant du x° ou x1° siècle, mais fort restaurée 3%. Deux panneaux bien conservés au contraire se conservent à Bisceglie, en Pouille, dans l’église de Santa Margherita. Ils représentent la sainte titulaire de l’église et