LA TENDANCE MONASTIQUE
qui sont sa marque propre et qui en font à la fois l'unité et l'originalité.
Méthode pour leur étude. — Les observations qui viennent d'être faites n'enlèvent rien toutefois à la valeur de la méthode que Kondakof a Justement recommandée pour l'étude des manuscrits illustrés, et d'après laquelle il faut les classer par groupes naturels, selon les matières qu'ils traitent, en rapprochant les manuscrits que le hasard a dispersés à travers les bibliothèques d'Europe, en se souvenant toujours que ces manuscrits sont nés dans les mêmes conditions et sous les mêmes influences. La miniature, à l'époque byzantine, n'est point, en effet, un passe-temps frivole: l'artiste quiillustre un livre religieux fait œuvre d'édification. Aussi y a-t-il en général un rapport étroit entre la peinture et le texte, et la miniature demeure fréquemment incompréhensible, si l’on ne consulte point le passage qu'elle accompagne et qui l'explique. « Souvent, dit Kondakof, le sujet de la miniature a dû être indiqué à l'artiste par un théologien !. » Il importe de ne jamais perdre de vue ce lien naturel qui unit le texte et l’image : autrement, celle-ci perd toute sa signification iconographique. L’un des intérêts principaux qu'offrent beaucoup de miniatures, c'est la façon dont elles interprètent les idées théologiques et liturgiques du temps ; et d'une façon plus générale, par tout ce qu'elles apprennent sur les {tendances de l’époque, sur la vie publique et monastique, elles « offrent, selon le mot de Kondakof, une mine historique inépuisable ? ».