Ibid., I
logique et monastique, mais toute populaire, pleine d’une verve réaliste, familière etsavoureuse. De là naquit aussi l'illustration du Physiologus, avec son double caractère allégorique et historique, sa double série d'images, les‘ unes réalistes dans la représentation des animaux, les autres symboliques par leurs scènes édifiantes, leurs allégoriesthéologiques, leurs multiples allusions aux polémiques religieuses du temps !. De tels sujets portent leur date'avec eux. Toutefois on remarquera que, tandis que le Psautier Chloudof n’emprunte aucun motif à l’art antique, dans le Physiologus au contraire se rencontrent des figures allégoriques, personnifications du Jour, de la Nuit, du Bon Matin, nymphes des sources, centaures, sirènes, statues dressées sur des colonnes, et aussi de véritables tableaux de genre d'inspiration alexandrine (fig. 282). On a donc pu se demander avec vraisemblance si ce cycle de représentations, à tendances pittoresques et réalistes, n'était pas de date antérieure au cycle religieux auquel il s’est
Fig. 282, — Miniature du manuscrit , :
du Physiologus (Smyrne), d'après Combiné. Le fait vaut d’être noté,
Strzygowski. car il laisse pressentir, jusque
dans le plein triomphe de l'or-
thodoxie, quelques-unes des tendances qui vont marquer la Renaisance macédonienne.
Du même mouvement monastique est issu un autre manuscrit encore. C'est le Job de Venise (n° 538), qui est daté de 905. C'est un livre d'édification pure, où nulle place n’est faite à la tradition pittoresque antique ; c'est une évidente création du monachisme byzantin, étroitement apparentée au Psautier Chloudof et au Physiologus, qui semblent l'avoir précédée de peu. Assurément, d’autres exemplaires du même texte offrent un caractère assez
1. Strzygowski, Der Bilderkreis des griechischen Physiologus, Leipzig,
1899 ; Sauer, Der illustrierte griechische Physologus der Ambrosiana (Byz. neugriech. Jahrbücher, II, 428), 19921.